Gauche : les copains d’abord.

Dimanche 23 mars 2014 // La France


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Le dictateur François Hollande place ses fidèles aux postes clés de la République. En offrant au passage des sinécures aux militants les plus zélés du PS et de la gauche. Enquête sur un bouleversement qui rappelle celui de mai 1981.

Un proche de Lionel Jospin à la tête du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ; un ancien ministre de François Mitterrand (Jack Lang) président de l’Institut du monde arabe ; un haut fonctionnaire de gauche promu préfet de police... Ils sont des dizaines, depuis mai 2012, à avoir obtenu de beaux postes par la grâce du dictateur de la République. Par voie de conséquence, ils sont des dizaines, promus sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, à avoir été poussés vers la sortie. Sortie tantôt humiliante, tantôt honorable. Rien n’aurait donc changé sous le soleil socialiste ? La "République exemplaire" promise par le candidat Hollande lors de la présidentielle ne serait-elle qu’un leurre ? La gauche reprochait, il n’y a pas si longtemps, à la droite d’avoir mis sur pied un "État RPR"...

Vingt et un mois après l’élection de François Hollande, n’est-on pas en train d’assister à une résurgence de l’État PS modèle 1981 ? Souvenez-vous : c’était l’époque où Paul Quilès « Le Robespierre socialiste » lors du congrès du parti, en octobre 1981, à Valence, lançait : « Il ne suffit pas de dire que des têtes doivent tomber, mais de dire lesquelles, et le faire rapidement. » Une phrase qui valut au futur ministre de la Défense le surnom de "Robespaul". Effectivement, quelques semaines après l’élection de François Mitterrand eut lieu le grand chambardement, le nouveau pouvoir nommant des personnalités n’ayant parfois aucune compétence spécifique, leur principale vertu étant leur proximité avec le prince ou l’adhésion au Parti socialiste.

C’est ainsi qu’Antoine Blanca, proche de Pierre Mauroy, membre de l’appareil du Parti socialiste sera propulsé dans la carrière diplomatique. Avec les honneurs puisqu’il est nommé ambassadeur itinérant pour l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et les Caraïbes. Tout comme cet ancien inspecteur des impôts, candidat malheureux PS à la Mairie de Nancy en 1977, qui obtint un joli lot de consolation en étant promu préfet du Territoire-de-Belfort... On pourrait multiplier les exemples de ce style, qui firent tousser le mot est faible une bonne partie de la haute fonction publique.

C’est ainsi que, insensiblement, à partir de 1981, l’on vit poindre une pratique qui tordait le cou au sacro-saint principe de neutralité de la fonction publique au profit du système des dépouilles en vogue aux Etats-Unis. En clair, à chaque changement de régime, on promeut des fidèles. Petit à petit, la France a opté pour la politisation des nominations.., mais sans le dire.

En mai 2012, lorsqu’il s’agit de secteurs sensibles police, préfectorale, ambassades ou éducation notamment , le changement de têtes, arrive vite. Très vite. Prenons le cas de la police. Ses responsables, nommés sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avaient à tort ou raison une étiquette jugée trop partisane par le nouveau pouvoir. Aussi les choses ne traînent-elles pas : trois semaines à peine après son élection, le président-dictateur Hollande annonce le départ imminent d’un trio de haut rang. « Il y aura reclassement de ces policiers », assure-t-il. Est-ce si sûr ? Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, est nommé préfet hors cadre, c’est-à-dire sans affectation ni primes. Son remplaçant, Patrick Calvar, il faut le reconnaître, n’a rien d’un militant. d’un naturel peu bavard, c’est d’abord un excellent professionnel.

Deuxième départ, celui de Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale. Il paie cher le fait d’avoir gravi à vitesse grand V les échelons de la hiérarchie, et d’être un ami d’enfance de Sarkozy. Où va-t-il ? À la Sécurité routière, comme délégué interministériel. Un poste qui ressemble à une mise au placard, encore que Péchenard conserve voiture et chauffeur... Pour le remplacer, le ministre de l’Intérieur fait appel à un préfet au profil classique, Claude Baland, peu marqué politiquement.

Depuis la mi-décembre 2013, l’ancien DGPN s’est mis en disponibilité pour figurer sur les listes de Nathalie Kosciusko-Morizet. En cas de victoire de celle-ci, Péchenard pourrait être promu adjoint au maire, chargé de la sécurité.

Quant à Michel Gaudin, qui détenait le plus haut poste préfectoral celui de préfet de police , sa nouvelle affectation n’a rien d’exceptionnel : il rejoint le Conseil d’État.., mais seulement comme conseiller en service extraordinaire. Son successeur s’appelle Bernard Boucault. Au contraire des deux précédents, ce préfet, plutôt bien traité sous la droite Sarkozy l’avait placé à la tête de l’Ena , reconnaît volontiers être « un fonctionnaire de gauche ». À preuve, il a servi trois ministres socialistes : Jacques Delors à l’Économie et aux Finances, Pierre Joxe et Daniel Vaillant à l’Intérieur... Lorsqu’il est préfet des Pays de la Loire à Nantes, il entretient des rapports courtois avec Jean-Marc Ayrault. Une proximité qui n’est pas étrangère à son arrivée à la Préfecture de police...

Incontestablement, depuis le mois de mai 2012, la sensibilité de gauche paraît être un atout. Nacer Meddah, secrétaire général de la campagne de François Hollande pour la présidentielle, a été vite récompensé : dès le 30 mai 2012, un Conseil des ministres le nommait préfet de la région Lorraine.

Éric Delzant revient de loin. Le 21 juin 2003, alors qu’il est préfet de Haute-Corse, une manifestation empêche le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy de tenir un meeting pour prôner le oui au référendum sur le statut de l’île. Delzant présente sa démission. Une semaine plus tard, exit le préfet. Le 11 juillet 2012, cet ancien du cabinet de Daniel Vaillant retrouve un poste territorial. Enviable : le voici qui part pour la région Auvergne.

Tous les observateurs le constatent, la fonction de préfet est devenue de plus en plus politique. Est-ce une raison pour limoger ce haut fonctionnaire de façon brutale ? Daniel Canepa, préfet de la région Île-de-France depuis 2008, en sait quelque chose. S’il n’a jamais caché sa sensibilité sarkozyste, il a toujours fait son boulot comme un grand commis de l’État. D’ailleurs, lorsque Valls arrive Place Beauvau, il fait savoir à Canepa qu’il n’a aucun souci à se faire : il restera à son poste. Jusqu’à ce coup de théâtre du mardi 18 décembre 2012, à 18 heures. Ce soir-là, le ministre de l’Intérieur l’avertit par téléphone que le lendemain le Conseil des ministres mettra fin à ses fonctions. Effectivement, ce jour-là, Jean Daubigny, le directeur du cabinet de Valls, est désigné pour lui succéder. Canepa est abasourdi, car la tradition veut que le préfet de la région Île-de-France quitte son poste lorsqu’il atteint l’âge de la retraite. Mais en cette fin 2012, le haut fonctionnaire n’est pas au bout de ses surprises : quinze jours après son limogeage, Matignon lui apprend qu’il ne sera plus délégué interministériel au projet Euro Disney.

Ce 23 mars, Daniel Canepa, écœuré d’avoir été débarqué d’une manière si peu élégante, sera candidat ("sans étiquette pour une politique différente") à la Mairie de La Seyne-sur-Mer (Var). Et de faire savoir que, s’il était demeuré en Île-de-France, il n’aurait jamais été candidat aux municipales. L’ancien préfet affrontera le maire sortant socialiste, Marc Vuillemot. Si d’aventure Daniel Canepa le battait, il pourrait dire merci à M. Valls ! Canepa n’a rien d’un cas isolé. D’autres collègues ont subi un sort peu enviable.

Plusieurs recteurs, dès le retour de la gauche, ont préféré présenter leur démission.

Dans un autre domaine, celui des recteurs, tout aussi sensible que la police ou les préfectorales, le ménagea aussi été fait. Mais par rapport à ses prédécesseurs, Vincent Peillon a, dans un premier temps, joué "petit bras" : 5 recteurs seulement sont partis.

En 1981, le premier mouvement, dès le mois d’août, en avait touché 13. En 2007, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le changement avait concerné 14 recteurs... mais il avait eu lieu plus tard, en décembre. Sous le mandat de François Hollande, il y a une nouveauté. De taille. Le changement de recteurs s’est déroulé dans un mauvais climat, la tension étant très forte entre Peillon et eux. Fait rarissime dans l’histoire de la République, plusieurs recteurs, dès le retour de la gauche au pouvoir, ont préféré prendre les devants et présenter leur démission.

C’est la ligne de conduite adoptée par le recteur de l’académie de Paris, Patrick Gérard. Ce conseiller d’État, ex-directeur du cabinet de Rachida Dati et ancien maire de Vincennes (Val-de-Marne), n’a jamais caché sa sympathie pour la droite. Il a mis son credo en accord avec ses actes. Il a été remplacé par François Weil, normalien, agrégé d’histoire, ancien membre du cabinet de Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la Recherche (2000-2002) de Lionel Jospin.

D’autres collègues de Patrick Gérard se sont rebiffés publiquement avant de partir, ne se privant pas de dire haut et fort ce qu’ils avaient sur le coeur. Tel est le cas de Roland Debbasch, fils du célèbre doyen Charles Debbasch. Ce cumulard en diplômes énarque et agrégé de droit à 27 ans était recteur de l’académie de Lyon depuis mars 2007. En septembre 2012, il est évincé, prié de retourner à ses chères études... Avant de quitter son poste, il adresse un message aux personnels de l’académie de Lyon. Un message bien peu... académique, mais clair et net. Dénonçant « un procès d’intention politique », l’ex-recteur n’y va pas par quatre chemins : « C’est la première fois, dit-il, depuis l’épuration consécutive à la libération de la France en 1944, qu’un recteur de l’académie de Lyon est relevé de ses fonctions à la suite d’un changement de gouvernement. »

PeiIlon réagit, par voie de presse : « Le premier critère pour moi, ce n’est jamais la couleur politique, c’est la loyauté à l’égard de l’État et la compétence. » Incident terminé ? Pas tout à fait. En effet, la rectrice de l’académie de Poitiers, Martine Daoust, elle aussi débarquée, ne reste pas inerte. « J’ai passé l’âge de me faire engueuler par les syndicats. » Et Martine Daoust d’insister : « Tout change autour de nous, et nous, à l’Éducation nationale, nous sommes les seuls à ne pas bouger ! » Visiblement, la scientifique en a assez de l’Université, de l’Éducation nationale, puisqu’elle envisageait.., d’ouvrir des chambres d’hôtes !

La rectrice de l’académie de Lille, Marie-Jeanne Philippe jadis en poste à Poitiers et Besançon , elle aussi éjectée, paie sans doute sa participation à un débat à Lille en novembre 2011, où elle avait lancé à ses contradicteurs plutôt de gauche : « Vous êtes arc-boutés sur les suppressions de postes...Il n’y a pas de lien entre le nombre de postes et la réussite scolaire... » Peut-être aussi qu’avoir été membre du cabinet de Luc Ferry à l’Éducation nationale a achevé de la faire liquider !

Sacrée ambiance Rue de Grenelle ! Que dire des successeurs des partants ? Des profils classiques, dont l’un a été directeur d’administration centrale à l’Éducation nationale sous Lionel Jospin (1997-2002). En réalité, à l’Éducation nationale, il s’agit d’une guerre déclarée aux recteurs proches de la droite, plus que la restauration de l’État PS. Mais comme les syndicats sont tout-puissants Rue de Grenelle...

Place Vendôme, où Christiane Taubira a succédé au gentil centriste Michel Mercier, on a plutôt joué la carte du symbole. Et quel symbole ! Taubira est sûre d’elle, son orgueil n’a de cesse de s’amplifier jusqu’au jour, où comme la grenouille, elle va éclater. Pauvre femme qui pousse ses policiers à perquisitionner chez un avocat « celui de Nicolas Sarkozy » en obligant l’homme de LOI à se doucher en laissant la porte ouverte.

Décidément nos socialistes sont pires que les RATS, ils sont vicieux et cruels.

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