Galileo

Jeudi 16 juillet 2015 // Divers

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La mise en orbite, le 27 mars dernier, de deux satellites du futur système européen de radionavigation Galileo, laisse espérer un nouveau départ pour ce projet qui a connu bien des déboires

La radionavigation par satellite permet de déterminer à tout moment la position d’une personne. Elle constitue un enjeu stratégique majeur, avec une utilisation dans nombre de secteurs économiques tels que la téléphonie mobile, la sécurité civile ou le secteur bancaire.

Face au monopole conféré aux États-Unis par son système Global Positioning System (GPS), l’Union européenne a décidé en 2001 de construire son propre système de géopositionnement par satellite, pour un usage uniquement civil. Une organisation complexe a été d’abord été mise en place par PUE, mélangeant financements publics et privés, avec un investissement estimé à plus de 3,4 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 220 millions de frais annuels de fonctionnement.

Dès le début, le projet a rencontré de nombreuses difficultés dues aux rivalités entre États et à des problèmes d’organisation industrielle. Un premier retard de cinq ans sur le calendrier initial a conduit le Parlement européen à approuver en 2008 (malgré l’opposition de Berlin) un financement entièrement public de Galileo, première infrastructure commune produite et financée par PUE, qui en est propriétaire. Comme pour tous les grands projets européens, les coûts ont dérivé de trois milliards d’euros à l’origine à 5,5 milliards aujourd’hui. Le total devrait atteindre 13 milliards d’ici à 2020.

Galileo offrira les mêmes services que le GPS. Ils devraient être proposés fin 2016 et le système pourrait être entièrement opérationnel fin 2020. Un accord permettant I’interopérabilité technique de Galileo avec le (IPS fut signé entre VUE et les États-Unis. L’EU en attend 90 milliards de retombées économiques, sur 20 ans, sans compter la création de près de 20 000 emplois en Europe, plus 2 000 emplois pour son exploitation. Craignant que Galileo n’arrive trop tard, après le déploiement des systèmes américain, russe et chinois, PUE cherche aujourd’hui des solutions pour imposer son utilisation, notamment dans les appareils mobiles.

Mais, elle balance entre les arguments favorables ou opposés à une exigence réglementaire. Ces tergiversations, comme celles qui ont accompagné le projet depuis sa conception, pourraient bien être fatales à Galileo. On peut aussi s’interroger sur les incidences qu’aura le traité transatlantique, sachant qu’un accord passé avec le gouvernement des États-Unis prévoit déjà une consultation mutuelle des deux parties avant d’édicter de quelconques mesures concernant leurs systèmes de géolocalisation respectifs.

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