Femmes de droite, le palmarès des Français.

Lundi 17 mars 2014 // La France

A l’occasion de la journée de la femme, le 8 mars, l’Ifop et "Valeurs actuelles" ont soumis aux Français une liste de treize femmes de droite, leur demandant de désigner (trois réponses possibles) celle qui "incarne le plus les valeurs et les idées de droite" et celle qui "dispose de la meilleure capacité à diriger le pays". Résultats détonants.

Femmes de droite, le palmarès des Français.

La femme qui « incarne le plus les valeurs et les idées de droite » est une simple conseillère générale de Corrèze de 80 ans : Bernadette Chirac. Certes, son statut d’ancienne première dame explique, pour beaucoup, ce résultat. Mais les Français, droite et gauche confondues, qui l’ont élue en tête de notre palmarès exclusif Ifop-Valeurs actuelles, ne s’y trompent pas : « en plus de son patronyme, les Français voient en elle le symbole d’une droite traditionnelle et provinciale, une droite des valeurs », explique Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop. En revanche, lorsqu’il s’agit de désigner, parmi ces mêmes femmes de droite, celle qui « dispose de la meilleure capacité à diriger le pays », Bernadette Chirac, qui n’est évidemment candidate à aucune fonction nationale, ne figure pas sur le podium, où la première marche, cette fois, est occupée par Christine Lagarde.

L’ancienne ministre des Finances de Nicolas Sarkozy, et actuelle directrice générale. du FMI, bénéficie à plein de sa stature de femme d’État. C’est l’autre lauréate de notre palmarès. Large vainqueur, même, puisque si elle n’est distancée que d’un petit point par Bernadette Chirac concernant l’incarnation des valeurs et des idées de droite, elle écrase toutes ses concurrentes sur la compétence : « si l’on excepte les plus jeunes, les catégories populaires et les électeurs FN, elle est le numéro un dans presque toutes les catégories de la population : par sexe, par âge, par profession, chez les sympathisants de gauche comme chez les électeurs de droite relève Jérôme Fourquet.

Seule personnalité à figurer comme Christine Lagarde, mais en moindre position, sur les deux podiums, Nathalie Kosciusko-Morizet arrive en troisième position (à égalité avec Marine Le Pen) sur l’incarnation des valeurs et des idées de droite, et à la deuxième place pour sa capacité à diriger le pays. Une double reconnaissance, reposant notamment sur la forte médiatisation de sa campagne municipale à Paris, où elle encadre les listes UMP.

En troisième position pour les valeurs et idées de droite, Marine Le Pen franchit son plafond de verre. Figurant toutes deux en troisième position sur l’un des podiums, Marine Le Pen (valeurs et idées de droite) et Michèle Alliot-Marie (meilleure capacité à diriger le pays) sont les autres gagnantes de notre palmarès. C’est, pour la présidente du Front national, la démonstration qu’un "plafond de verre" a décidément été franchi et pour l’ancienne ministre de Chirac et de Sarkozy, qui fera son retour comme tête de liste UMP dans la région Sud-Ouest aux européennes, la preuve que certains l’avaient enterrée un peu tôt.

À travers ce palmarès des femmes de droite, et au-delà des tiercés de tête et classements généraux de notre sondage, plusieurs de ces résultats témoignent de profonds bouleversements et, sans doute, de futurs séismes.

Bernadette Chirac, la faiseuse de roi.

Le soutient sans faille que Mme Chirac apporte à Nicolas Sarkozy pourrait peser de tout soli poids dans le cas d’un retour de l’ancien président. C’est aux femmes, principalement, pour lesquelles elle vient en tête de 9 points devant Lagarde (alors qu’elle n’arrive qu’en cinquième position chez les hommes), que Bernadette Chirac doit sa première place en matière d’incarnation des valeurs et des idées de droite.

Or, c’est précisément au sein de l’électorat féminin que la popularité de Sarkozy pèche le plus. De même, Mme Chirac peut-elle lui apporter, contre François Fillon notamment, son image de ruralité et de tradition, autres domaines où Sarkozy souffre de lacune dans l’opinion. Elle est aussi, selon notre sondage, la plus populaire et de loin — de ses soutiens potentiels à l’UMP au sein des électorats les plus à droite : catégories populaires et sympathisants FN, notamment.

Lagarde, le recours possible.

Même si ses proches répètent que la directrice générale du FMI n’a, pour l’heure, aucune visée pour 2017, sa cote dans l’opinion, notamment en termes de compétence, ferait rêver plus d’un prétendant assumé. « Chez les retraités, catégorie de la population votant le plus pour l’UMP, elle obtient jusqu’à 77 % de citations, plus de 20 points devant NKM et MAM », constate Jérôme Fourquet. Elle réalise son meilleur résultat au sein des électeurs sarkozystes de 2012(80% de citations.

La stature que lui confèrent ses actuelles fonctions, alliée à son image de modération, lui vaut aussi de figurer en tête à gauche, loin, très loin devant l’ensemble de ses concurrentes. Un capital assez proche de celui dont a longtemps bénéficié son prédécesseur DSK, qu’elle pourrait mettre, le jour venu, à son propre compte. À remarquer, aussi, la bonne tenue de Michèle Alliot-Marie, notamment au sein de l’électorat de droite, des catégories populaires et chez les retraités, où elle figure le plus souvent dans le tiercé de tête. Insuffisant, sans doute, pour jouer sa propre carte, mais son soutien ne manquera pas de peser dans le cadre des primaires UMP.

NKM, la relève à l’UMP.

Il n’y a plus photo entre la candidate UMP à la Mairie de Paris et les autres quadras ou quinqua féminines de l’opposition parlementaire : Rachida Dati, Valérie Pécresse, Nadine Morano ou Rama Yade. Chez les sympathisants UMP comme chez les électeurs de Sarkozy de 2012, NKM devance l’ensemble de ses concurrentes de la même génération tant dans l’incarnation des valeurs et idées de droite que pour sa capacité à diriger le pays. Sur cette dernière question, elle les enfonce même totalement : plus de trois fois plus de citations (61 %) que Dati et Pécresse parmi les électeurs sarkozystes de 2012 ; quasiment autant chez les sympathisants UMP. Alors que certains lui reprochent des positions et une image par trop centristes, ces derniers, pourtant de plus en plus droitiers, l’ont adoubée. À noter que dàns la bataille pour le leadership féminin chez ceux-ci, Rama Yade devance nettement Marielle de Sarnez dans la quasi-totalité des catégories. Jean-Louis Borloo et François Bayrou ne pourront l’ignorer.

Le Pen, la percée dans l’opinion.

La présidente du FN confirme, dans notre étude, sa chevauchée dans l’opinion. Sa popularité déborde le socle des électeurs Front national. Chez les femmes, gauche et droite confondues, elle arrive en deuxième position (à égalité avec Lagarde) derrière Bernadette Chirac. Mais c’est d’abord sa cote chez les plus jeunes et dans les catégories populaires qui explique sa percée.

Le point faible de Marine Le Pen : les retraités. Son point fort : les moins de 35 ans.

Concernant les premiers, Marine Le Pen arrive en tête chez les moins de 35 ans pour sa capacité à diriger le pays (45 % de citations). Concernant les secondes, sa domination est sans partage, tant en ce qui concerne l’incarnation des idées de droite que sa capacité à diriger le pays. Sur cette dernière question, elle atteint 53 % de citations chez les ouvriers, devançant Christine Lagarde de 7 points, et 58 % chez les employés, dépassant MAM de 18 points. Son handicap : les retraités de gauche et de droite, où elle obtient à peine plus en matière de compétences qu’auprès des sympathisants PS.

À noter aussi, les bons résultats de Marion Maréchal-Le Pen qui, à 24 ans, arrive notamment en quatrième position pour l’incarnation des valeurs et des idées de droite chez les 18-24 ans. 

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