Faut-il interdire la circonscision ? Oui.

Dimanche 12 août 2012 // Divers

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Drapeau de FranceLe respect de l’intégrité physique est un droit inaliénable. Au nom de la liberté de culte, les parents ne peuvent forcer leurs enfants à porter à vie les stigmates de leur foi.

Le droit à l’intégrité physique est un droit fondamental en Allemagne et dans l’Union européenne. Il est explicitement garanti par la Constitution allemande, ainsi que par la Charte européenne des droits fondamentaux. Rares sont ceux qui le contesteront. S’il peut exister des cas particuliers d’extrême urgence pour le faire reculer, ce droit de la personne humaine doit s’appliquer sans restriction aucune aux enfants. Cela dit, la loi protège également la liberté de culte, qui permet à chacun de pratiquer sa foi et ses rites sans crainte d’être sanctionné - du moins, tant que ces pratiques restent conformes à la loi.

Mais la liberté de culte est avant tout le droit pour chaque citoyen de choisir sa propre religion ou de n’en pratiquer aucune. Pour ce faire, il faut néanmoins avoir atteint une certaine maturité et être suffisamment informé des conséquences de telle ou telle décision. Les enfants en bas âge n’ont pas cette maturité. Ce sont donc leurs parents, ou toute personne investie de l’autorité parentale, qui prennent des décisions pour eux, y compris en matière d’appartenance religieuse. Et pourtant, même s’ils naissent dans un groupe social spécifique, les enfants n’appartiennent d’abord à aucune communauté religieuse. Ils viennent au monde non baptisés et non circoncis. Ce n’est qu’après ces rituels qu’ils deviennent, selon le cas, chrétiens, juifs ou musulmans. Ainsi en va-t-il de la foi qui fonde les traditions de toute communauté religieuse. Une fois encore, au risque de nous répéter ce sont les parents qui décident. La liberté de conscience n’autorise pourtant pas les parents à retirer leur enfant d’une école où le contenu des enseignements ne correspond pas à leur foi. Elle ne leur permet pas de soustraire leur enfant à des traitements médicaux, pas plus qu’elle ne les autorise à le battre (quand bien même l’éducation à la baguette ressemble à un commandement divin dans certains groupes fondamentalistes.

En Allemagne, la liberté religieuse ne signifie donc pas que chacun a le droit de faire ce qui lui semble en adéquation avec sa religion. La liberté de conscience des uns s’arrête là où commence celle des autres. Or la liberté de tous garantit l’intégrité physique de chacun. Ce droit fondamental doit s’appliquer sans restriction aux nourrissons et aux jeunes enfants.

Dans le cas de la circoncision religieuse d’un enfant, le droit à l’intégrité physique et la liberté de culte signifient par conséquent qu’une blessure corporelle pour motifs religieux ne peut survenir qu’à partir du moment où c’est l’adulte qui a décidé d’adopter tel ou tel culte et de devenir membre de telle ou telle communauté religieuse.

De ce point de vue, il convient aussi de porter un regard critique sur le baptême des chrétiens et l’éducation religieuse dans les établissements scolaires publics. Toutefois, à la différence de la circoncision, ces pratiques ne laissent aucune modification du corps qui puisse gêner les personnes par la suite. La circoncision religieuse n’est pas une offrande des parents à leur dieu, mais un sacrifice auquel ils contraignent leur enfant alors que celui-ci n’est pas en mesure de s’y opposer. Le fait qu’il s’agisse d’une tradition vieille de quatre mille ans nous rappelle surtout qu’elle nous vient d’une époque qui n’a plus rien à voir avec la nôtre et à laquelle très peu d’entre nous voudraient vivre aujourd’hui.

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