FIÈVRE EBOLA

Il est minuit moins cinq en Afrique

Vendredi 17 octobre 2014 // L’Afrique

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a institué, vendredi 8 août, une urgence de santé publique de portée mondiale sur la fièvre Ebola qu’elle considère comme l’épidémie la plus importante et la plus sévère » depuis la découverte, de ce virus, en 1976, dans l’ex-Zaïre, actuelle République démocratique du Congo.

Au moment où nous mettons, sous presse, 4 pays de l’Afrique de l’Ouest sont, sérieusement, frappés. Selon un bilan établi, par l’OMS, le 4 août, le virus a causé la mort de 363 personnes, en Guinée, de 286 personnes, en Sierra-Léone, de 282 personnes, au Liberia, et de 2 personnes, au Nigeria. Ne pouvant contenir cette autre menace (en plus de la secte djihadiste Boko Haram) qu’on voit venir, le président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a vite fait de décréter l’état d’urgence sur toute l’étendue du territoire, après avoir pris soin d’appeler la communauté internationale, à l’aide. L’heure est grave et il ne faut, surtout, pas perdre de temps.

Aux autres chefs d’Etat africains, il est demandé d’anticiper, aussi, en décrétant un « état d’urgence « à travers une adresse personnelle du président de la République à la nation, seul et unique moyen efficace d’informer le maximum de personnes. Si certains pensent que le virus Ebola est un malheur qui n’arrive qu’aux autres, on pourrait avoir de mauvaises surprises, avec des pays qui seraient mis en quarantaine, faute d’avoir pris, à temps, des mesures adéquates. Il est, donc, temps d’agir. Et vite. Repousser, à demain, ce qui doit être décidé, aujourd’hui, peut s’avérer mortel pour toute la communauté nationale, et être considéré, plus tard, comme un crime contre l’humanité.

Comment se manifeste Ebola ?Par des « fièvres hémorragiques qui peuvent provenir de cinq souches différentes, actuellement, identifiées (Zaïre, Soudan, Bundibugyo, Reston, Forêt de Taï). Selon l’OMS, les trois premières souches sont, particulièrement, redoutables avec des taux de mortalité pouvant atteindre 90%, chez l’homme. Ce qui explique que, sur 1.700 cas présumés, depuis le début de l’année, en Afrique, on ait, déjà, enregistré près d’un millier de morts. Le sida, que tout le monde craint, visiblement, à côté d’Ebola, n’est, finalement, qu’un virus de basse intensité destructive.

Appartenant à la famille des (filovirus), ce virus se transmet, par contact direct, avec le sang, le sperme, la salive, la sueur, les vomissures et les matières fécales ou les tissus de personnes ou d’animaux infectés, vivants ou morts. Les rituels funéraires, au cours desquels parents et amis, sont en contact direct avec le corps du défunt, jouent un rôle important dans la transmission. La chasse et la consommation d’animaux de brousse peuvent, également, entraîner la contamination.

Néanmoins, la cause première des poussées épidémiques reste mystérieuse et le réservoir naturel du virus demeure inconnu, même si on estime qu’il se situerait, dans les forêts tropicales d’Afrique et du Pacifique occidental. Certaines études montrent que la chauve- souris participerait au cycle de transmission du virus et serait, même, son hôte naturel », selon l’OMS, alors que les primates, comme les humains, en seraient les hôtes accidentels. Après une période d’incubation de 2 à 21 jours, la fièvre hémorragique à virus Ebola » se caractérise, souvent, par une brusque montée de température, avec une faiblesse intense des douleurs musculaires, céphalées et maux de gorge. Elle est, souvent, suivie de vomissements, de diarrhées, d’éruptions cutanées, d’insuffisance rénale et hépatique, et d’hémorragies internes et externes. Les cas graves sont placés, en unité de soins intensifs et les malades, déshydratés, doivent être mis sous perfusion.

Il n’existe aucun vaccin spécifique homologué pour la fièvre hémorragique à virus Ebola. Plusieurs sont en cours d’essai et l’institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) a évoqué la possibilité d’un vaccin à la mi- 2015. Croisons les doigts.

Concernant le traitement de la maladie, des chercheurs américains font état, depuis le début de l’année, d’un sérum appelé « Zmapp « , qui s’est révélé, très efficace, sur les singes. Zmapp, administré, fin juillet, pour la première fois, à des humains, deux Américains, semble avoir atténué, rapidement, leurs symptômes. Il s’agit d’un cocktail de trois anticorps dits « monoclonaux », c’est-à-dire, capables de reconnaître les cellules infectées, par le virus, et de déclencher une réaction immunitaire.

Pour éviter la transmission du virus, l’OMS préconise nombre de mesures de précaution. La mise en quarantaine des locaux infectés, le cantonnement des animaux, la désinfection systématique des élevages de porcs ou de singes ou l’abattage des animaux infectés. Pour les humains, l’OMS recommande de ne pas s’approcher des malades et de cuire, soigneusement, la viande. Elle recommande, au personnel soignant, de porter des protections individuelles, notamment, des gants et des masques, et de se laver, régulièrement, les mains. Ni plus ni moins.

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