Et le monde rural ?

Jeudi 5 avril 2012 // La France

La France rurale aura été la grande oubliée de la campagne présidentielle. Bien sûr, les candidats se sont pressés au Salon de l’Agriculture pour s’y livrer à de chaleureuses manifestations, entre une dégustation de fromage fermier et la présentation d’un taureau de concours, mais la fête passée, adieu le saint. Les promesses et les propositions concrètes demeurent, au mieux inaudibles, au pire inexistantes.

Derrière cet oubli du monde rural, il y a une réalité brutale : aujourd’hui les principaux réservoirs de voix se trouvent dans les espaces urbains, villes et banlieues. L’électorat rural n’est plus rentable et il est beaucoup plus intéressant de flatter les citadins à coups de mesures « sociétales » que de s’intéresser à cette portion de France minoritaire, présumée sur le déclin et rétive aux injonctions de la modernité.

Et puis les états-majors des candidats sont mal à l’aise avec cette ruralité bien plus complexe que ce que montrent les images d’Epinal. La notion d’espace rural recouvre des réalités complexes peu compatibles avec les schémas forcément simplistes de la communication politicienne. La réalité rurale est aujourd’hui mouvante. On ne vit pas la ruralité de la même façon en Bretagne ou dans les Cévennes. A l’intérieur d’une même région, il y a aussi les différences entre communes situées à la périphérie même lointaine des centres urbains et les autres, mal desservies et dont les commerces de proximité ferment les uns après les autres.

Il s’agit d’explications, non d’excuses. Le monde rural fait partie de la communauté nationale et ses problèmes pèsent sur l’ensemble de notre territoire. On en a un exemple immédiat avec la flambée des prix de l’essence qui pèse sur les budgets des ménages, mais aussi sur les prix des services. La raréfaction des médecins et des hôpitaux pèse sur l’attractivité des territoires (sans oublier sur les comptes de l’Assurance maladie). Rappelons tout de même que, bien souvent, l’implantation d’une grosse entreprise ne se fait qu’après des études détaillées sur l’accessibilité des soins. La facture de l’abandon de nos campagnes sera forcément très lourde.

Mais les candidats à la présidentielle en ont-ils pris réellement conscience ?

Répondre à cet article