Politique Magazine.

En finir avec La gauche méprisante.

Par Zohra Bitan.

Mardi 24 juin 2014 // La France

Porte-parole de Manuel Valis pendant la primaire socialiste de 2011, Zohra Bitan fait aujourd’hui partie de I’UDI. Dans « Cette gauche qui nous désintègre », elle témoigne sur les rapports entretenus par le PS avec l’immigration et les banlieues. Cinglant !

Vous ÉCRIVEZ QUE LE RAPPORT ENTRE LA GAUCHE ET LES POPULATIONS D’ORIGINE IMMIGRÉE S’EST LONGTEMPS RÉSUMÉ À « UN COUPLE DOMINANT/DOMINÉ QUI SE SATISFAIT ENSEMBLE D’UNE UNION OÙ TOUT LE MONDE Y TROUVE SON COMPTE »...

Dans mon livre, je décris l’épuisement d’un système qui a perduré pendant trente ans. Jamais il n’a été question, pour le PS, d’émanciper ce « peuple d’en bas », fût-ce seulement pour qu’il pense par lui-même et qu’il se retrousse les manches pour tenter de s’extraire de sa condition sociale. On parle toujours de l’angélisme de la gauche. Il faudrait plutôt parler de mépris. Comment qualifier autrement le paternalisme dont elle fait preuve dès qu’il s’agit des quartiers populaires et des personnes d’origine immigrée ? Ces dernières n’ont droit qu’à une pluie de droits sociaux, comme si elles étaient handicapées. C’est humiliant.

N’ASSISTE-T-ON PAS À UN DÉSAMOUR CROISSANT ENTRE CES POPULATIONS ET LE PARTI SOCIALISTE ?

Certes. La désillusion est à la hauteur du décalage entre leurs préoccupations et l’idéologie réelle d’une gauche qui entretient le fatalisme des plus pauvres par un peu de compassion et quelques gratifications matérielles habilement distribuées. L’époque où les habitants des cités prenaient tout ce que la gauche leur fabriquait pour rester à la cave, est révolue. Ces derniers sont français pour la plupart et il n’y a donc aucune raison à ce qu’ils ne soient pas conscients des politiques qui sont menées. Ce sont des électeurs, ils suivent l’actualité. Certains se tournent même vers le Front national dans une sorte de bras d’honneur électoral qui signifie aussi qu’ils n’ont plus rien à perdre. D’autres basculent dans l’islamisme comme on s’achète une identité.

Vous CRITIQUEZ DUREMENT L’IDÉOLOGIE « ANTIRACISTE ». EN ENFERMANT TOUTE UNE PARTIE DE LA POPULATION MUSULMANE DANS UNE POSITION DE VICTIME, N’A-T-ELLE PAS ALIMENTÉ EN RETOUR UN RACISME « ANTI BLANC » QUI, LUI, EST NIÉ EN BLOC PAR LA CLASSE POLITICO-MÉDIATIQUE ?

L’antiracisme a été une opération d’inquisition montée contre les Blancs, les Français de souche et l’histoire de France. Comprenez-moi bien : je ne nie pas le racisme dont j’ai moi-même été victime. Mais il est faux et criminel de prétendre que l’on croise des racistes à tous les coins de rue ! C’est pourtant l’histoire racontée par les socialistes depuis des décennies. Or, les mêmes sont responsables de la ghettoïsation des immigrés... C’est scandaleux ! En jouant aux apprentis sorciers, en fabriquant du ressentiment pour des raisons souvent bassement électoralistes, la gauche a ainsi créé un nouveau racisme qu’il est interdit de nommer.

QUE FAUDRAIT-IL FAIRE POUR QUE L’INTÉGRATION FONCTIONNE ?

Le problème de l’intégration, c’est l’abandon des quartiers populaires. Il faut se rendre compte que, dans ces quartiers, l’immense majorité des gens sont d’abord les victimes d’une petite minorité de délinquants. Cessons d’avoir peur ! Responsabilisons les parents ! En ne sévissant pas, en promouvant une culture de l’excuse systématique, nos politiques punissent une majorité silencieuse, déjà peu favorisée socialement et territorialement, qui est la première à subir incivilités et violences au quotidien. Mais ça, on n’a pas le droit de le dire. Pour que l’intégration redémarre, commençons par abattre ce qu’il reste du monopole moral de la gauche !

PROPOS RECUEILLIS PAR J.B.D’A
CETTE GAUCHE QUI NOUS DÉSINTÈGRE, de Zohra Bitan, éditions François Bourin, 137 p., 12 euros.

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