En campagne.

Mardi 6 mars 2012 // La France

Drapeau de FranceLe Président de la République tente de conforter son électorat sur le thème des valeurs tout en prenant des initiatives qui déconcertent la majorité présidentielle.

Quant à sa réélection, Nicolas Sarkozy est dans une situation difficile puisqu’il doit se battre sur trois fronts : face à la gauche qui mène l’offensive et semble en mesure de l’emporter ; face à Marine Le Pen qui a les faveurs d’une partie de l’électorat populaire conquis par la droite classique il y a cinq ans ; face à François Bayrou qui, une nouvelle fois, rencontre un certain écho à droite et au centre. Plus généralement, le candidat Sarkozy risque d’être victime du classique vote de rejet auquel la crise économique et financière donne une nouvelle dimension. Dès lors, que faire ?

Les franges naguère récupérables de l’électorat de gauche sont définitivement perdues :la période de récupération de transfuges socialistes (Bernard Kouchner) est révolue et ni la critique du « capitalisme qui marche sur la tête », ni le projet de taxe sur les transactions financières ne sont en mesure d’attirer des électeurs venus de l’autre rive.

Logiquement, Nicolas Sarkozy en a conclu qu’il fallait conforter son électorat de droite et s’efforcer de séduire à nouveau les électeurs tentés par Marine Le Pen. D’où le grand entretien qu’il a accordé le 11 février au Figaro magazine pour présenter ses « valeurs pour la France ». Quant à la famille, le Président s’est frontalement opposé aux socialistes qui veulent remettre en cause le quotient familial : « Je n’accepterai pas qu’on touche à la politique familiale. Le coeur de cette politique, c’est le quotient familial ». Même fermeté dans le domaine des moeurs. Le mariage homosexuel est refusé : « J’ai veillé à garantir aux homosexuels les mêmes avantages en termes de succession et de fiscalité qu’aux couples mariés, mais dans le cadre du pacs. En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution essentielle qu’est la famille ». La légalisation de l’euthanasie a été rejetée.

Le Président s’est également adressé à l’électorat de Marine le Pen, qu’il espère récupérer surtout si la présidente du Front national ne parvient pas à réunir les 500 signatures nécessaires. Après avoir rappelé son opposition au vote des étrangers extra-européens aux élections locales, il a envisagé que seuls les tribunaux administratifs, dont on dit qu’ils sont plus expéditifs, soient seuls compétents en matière d’immigration et statuent sur le sort des étrangers en situation irrégulière. Une telle réforme impliquerait une réforme de la Constitution, qui pourrait faire l’objet d’un référendum mais pour le moment « c’est un sujet dont on peut débattre ».

Le thème de l’immigration est récurrent dans les déclarations du Président et de membres du gouvernement. En revanche, les parlementaires de la majorité ont été surpris d’apprendre que Nicolas Sarkozy souhaitait un référendum sur le système d’indemnisation du chômage. François Bayrou a d’ailleurs senti que le Président-candidat était allé trop loin : « L’idée, pour gagner des voix, d’organiser un référendum sur le droit des chômeurs, c’est la négation de ce qu’un chef de l’Etat doit à un pays comme la France » a déclaré le candidat centriste en soulignant que « ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage. Ce sont les gouvernants ». De même, les attaques lancées contre les collectivités locales, qui ont, de fait, un personnel pléthorique, ont été d’autant plus mal ressenties que le droit à une libre administration leur est reconnu par la Constitution.

Nicolas Sarkozy fait flèche de tout bois mais le tir n’est peut-être pas encore bien ajusté.

Répondre à cet article