Écho des blogs : Sortir de l’euro.

Mercredi 29 avril 2015 // L’Europe

Entre la Grèce et l’Allemagne, l’épreuve de force tourne au détriment du gouvernement Tsipras.

Après la réunion de I’Eurogroupe le 20 février, Athènes va demander une extension de quatre mois du programme de financement issu de l’accord de 2012 avec remboursements d’emprunts et plan de réformes sous le contrôle des organes européens. Alexis Tsipras a déclaré que ce compromis représentait une « bataille gagnée » - l’accord est provisoire, les réformes sont décidées à Athènes - mais Romarie Godin estime dans La Tribune qu’Alexis Tsipras « va être soumis à deux contraintes contradictoires [ ... ]. Pour simplifier, il va devoir satisfaire les Européens, mais aussi sa coalition, son parti et ses électeurs. Vaste tâche... Très clairement, la situation prouve qu’une nouvelle fois, dans ce genre de jeu, le premier qui cède est celui qui a perdu. Alexis Tsipras n’a pas encore perdu. Mais sa position est clairement difficile. Ce vendredi 20 février au soir, le camp de Wolfgang Schuble semble avoir remporté une bataille. »

Avant le compromis du 20 février, Coralie Delaume publiait sur son blog un remarquable entretien avec Olivier Delorme, historien de la Grèce, qui évoquait l’histoire du pays et celle de Syriza avant d’examiner la stratégie de ce parti si ses dirigeants n’ont pas envisagé d’autre solution que celle du compromis, ils risquent d’être amenés à la capitulation mais « il y a une autre possibilité, c’est que Syriza ait entamé des négociations tout en sachant qu’elles avaient peu de chance d’aboutir. Durant cette période, on mobilise l’opinion (les manifestations de soutien au gouvernement se sont multipliées dans toute la Grèce) sur le thème de la dignité retrouvée, du « salut public », tout en créant les faits accomplis de rupture avec les politiques de la Troïka, comme le vote par le Parlement du premier train de mesures sociales. Durant cette période, on prépare la sortie de l’euro, en s’assurant d’aides extérieures à l’Europe : l’intérêt géostratégique de la Grèce lui dorme des cartes à Washington comme à Moscou. Puis on utilise les innombrables bévues de l’UE, la morgue allemande, les pressions et les menaces qui heurtent le patriotisme grec pour dresser, le moment venu, devant l’opinion, le constat que la sortie de l’euro s’impose. »

Tel est l’avis de Jacques Sapir : « Quelle que soit la stratégie de négociations de la Grèce, et celle conçue par son Ministre des Finances Yanis Varoufakis est excellente, il faut s’interroger sur le but de cette négociation. En fait, la Grèce ne peut obtenir des choses qui sont, dans le contexte politique actuel, contradictoires. Elle ne peut se dégager des dettes (d’au moins une partie) et garder l’Euro. Le paradoxe réside dans ce qu’une sortie de la Grèce de la zone Euro, par les effets induits qu’elle produira, mettra fin assez rapidement soit à l’Euro soit à la politique de Germano-Austérité.

Mais, pour cela, la Grèce doit sortir de l’Euro.

Répondre à cet article