EURO - Les voeux pieux du Président François le Petit.

Lundi 1er avril 2013 // La France

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De nombreuses usines françaises ferment. Le Japon dévalue sa monnaie. L’austérité engendre la récession et le chômage. Face à la crise, François Hollande rêve d’une Europe qui agirait dans l’unité et avec détermination...

Depuis 2009, plus d’un millier d’usines ont fermé en France avec une augmentation des fermetures (+ 42 %) l’an dernier. La droite et Nicolas Sarkozy ont le maximum pour sauver nos emplois, la gauche, elle, n’a rien fait. Les gouvernements qui se succèdent subissent tous les effets du libre-échange, cause première de la crise, et du taux de change de l’euro. Le libre-échange est un dogme, auquel on sacrifie les entreprises et les emplois. Il était inimaginable que le gouvernement français le remette en question. Mais Pierre Moscovici s’est timidement plaint de l’euro « peut-être trop faiblement ! » et on pouvait s’attendre à ce que François Hollande fasse écho à cette timide plainte lors de son discours du 5 février devant le Parlement européen.

Ce qui fut fait ! Le TOUT PETIT FRANCOIS, s’est inquiété d’un euro livré à des « évolutions irrationnelles » avant de souligner que cette monnaie « ne peut fluctuer selon les humeurs des marchés ». Ce qui laisse supposer que François Hollande est partisan d’un système de changes fixes... Il est aussi partisan d’une « politique de change », sinon la monnaie « se voit imposer une parité qui ne correspond pas à l’état réel de son économie. » Ces propos sont en tous points irréalistes.

La politique de change européenne est un voeu pieu puisque la Banque centrale européenne_ est indépendante, ce que François II, s’est empressé de souligner. Pour compenser cet aveu d’impuissance il a évoqué « l’indispensable réforme du système monétaire international » qui supposerait que l’Union européenne puisse parler d’une seule voix - autre voeu pieux puisque les États de la zone euro ne sont pas d’accord entre eux, puisque l’euro n’est pas la monnaie de toute l’Union européenne ce qui implique d’autres désaccords.

Le président de la République peut certes se plaindre de l’irrationalité des marchés mais il se heurte à la conviction inverse de la Banque centrale européenne : pour elle, ce sont les marchés qui doivent fixer le taux de change de l’euro. Peu importe la compétitivité puisque la BCE a pour objectif la stabilité des prix, non la croissance et l’emploi.

À ces voeux pieux s’ajoute une bévue : la monnaie unique n’est pas la monnaie d’une économie unifiée mais d’économies nationales de plus en plus divergentes. Que François II calcule lui-même le taux de change qui sera favorable à la Grèce, à la France et à l’Allemagne ! Il s’échinera en vain car l’euro est fort en raison de la faiblesse voulue des autres monnaies : la Chine, les États-Unis et le Japon font la politique de change qui est conforme à leurs intérêts alors que la Banque centrale européenne agit’ selon les intérêts de la seule Allemagne. D’ailleurs, le porte-parole de la Chancelière s’est empressé de déclarer, en réponse au discours du président français, que « la politique de change n’est pas un instrument adapté pour améliorer la compétitivité » et que « le gouvernement allemand est convaincu qu’en comparaison historique, l’euro n’est pas surévalué à l’heure actuelle. » Condamnée à l’échec, l’offensive de François Hollande a été immédiatement bloquée et les usines continueront de fermer en France.

Les salariés licenciés pourront toujours se consoler en relisant l’intégralité du discours de François Hollande. Il veut l’intégration politique, autrement dit le fédéralisme ! Il veut la solidarité dans l’Union ! Et le progrès ! Et la croissance ! Il craint que les intérêts nationaux prennent le pas sur l’intérêt européen ! Il avertit que la menace ne vient pas de la défiance des marchés mais de la défiance des peuples... C’est avouer à demi-mot qu’il y a divorce croissant entre les dirigeants européens et les citoyens des différentes nations.

Divorce consommé en Grèce, en Espagne, au Portugal sans que François Hollande ait un seul mot pour les peuples qui subissent, sous ses yeux, les effets conjugués du désastre économique et de l’effondrement social.

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