Du rose partout ...

Mercredi 27 juin 2012 // La France

Drapeau de FrancePour la première fois dans l’Histoire, les socialistes sont majoritaires dans les deux assemblées parlementaires et dans une majorité de conseils régionaux et départementaux. Écrasante responsabilité !

Le Parti socialiste a porté l’un de ses anciens dirigeants à l’Elysée. Le gouvernement est socialiste et peut se passer d’apports extérieurs. Les socialistes disposent de la majorité absolue a l’Assemblée nationale et, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, au Sénat. Ils dirigent presque toutes les régions et la majorité dès départements.

Après tant de défaites en 2002, en 2007 le bilan est impressionnant. Aux vainqueurs, il peut donner le vertige et leur faire oublier que le vote en leur faveur est plus de rejet que d’adhésion, plus le résultat de la division qui existe entre les droites que l’effet d’un grand enthousiasme populaire. II y a cinq ans, Nicolas Sarkozy et l’UMP pouvaient se flatter de résultats décisifs puis ils ont perdu toutes les batailles électorales. La logique du quinquennat est celle du temps court et des retournements brutaux. Le fait que les élections législatives succèdent à l’élection présidentielle au lieu de la précéder tel fut le choix de Lionel Jospin fait pencher entre plus fortement le balancier.

Si la France se trouvait dans une période calme, les socialistes pourraient s’installer tranquillement au pouvoir et y demeurer en se faisant les « honnêtes gérants du capitalisme » et selon le mot de Guy Mollet. Mais la crise fait rage aux Etats-Unis et en Europe de l’ouest, la zone euro risque d’être emportée et, du coup, les gestionnaires de gauche ou de droite engendrent tour à tour les déceptions et les colères.

Le président de la République, le Premier ministre et les députés socialistes ne sont pas aveugles. Ils diront sans doute d’une manière ou d’une- autre qu’ils n’ont pas droit à l’erreur. C’est ce que les amis de Lionel Jospin avaient répété en 1997, lors du triomphe de la « gauche plurielle » qui fut éliminée au premier tour de la présidentielle de 2002. Il y avait donc eu beau- coup d’erreurs, mais les problèmes que devaient affronter Lionel Jospin étaient’ beaucoup moins graves et moins urgents que ceux qui préoccupent aujourd’hui François Hollande et Jean-Marc Ayrault. La désindustrialisation de notre pays sous l’effet de la concurrence inter- nationale est responsable d’une crise sociale cent fois analysée et déplorée mais. qui s’aggrave. Et c’est à la fin du mois de juin que François Hollande devra affronter la chancelière allemande qui veut toujours plus de rigueur et de réformes structurelles ou s’entendre avec elle au risque de décevoir une bonne partie de son électorat et de s’exposer à la critique virulente du Front de gauche, d’une part, et du Front national d’autre part.

Malgré l’arrivée de nouvelles figures au gouvernement et à l’Assemblée nationale, les dirigeants socialistes sont des hommes et des femmes qui sont restés fidèles à l’esprit des années quatre-vingt dix et qui sont représentatifs des grands centres urbains. Mais ils se tromperaient gravement s’ils tentaient de retenir leur électorat de 2012 par des réformes de moeurs et par la promesse d’un avenir meilleur dans une Europe intégrée. Beaucoup d’électeurs ont voté pour le Front national parce qu’ils veulent du protectionnisme et la sortie de la zone euro. Et de jeunes politologues proches du Parti socialiste répètent sur tous les tons que les milieux populaires sont généralement choqués par le projet de mariage entre personnes homosexuelles.

Dans tous les domaines, le gouvernement va devoir préciser sa ligne et indiquer les promesses qu’il abandonne car il ne pourra pas donner satisfaction à toutes les fractions de l’électorat qui, pour des raisons parfois contradictoires, ont voté pour les socialistes. Toutes les tactiques de diversion échoueront parce que le temps manque. Au soir du 17 juin, les droites classique et radicale préparaient déjà leur revanche aux élections municipales de 2014 qui devraient être favorables à l’opposition..

Que de périls en la demeure de François Hollande !

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