Du bon et du moins bon

Jeudi 3 septembre 2015 // L’Afrique

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Après deux ou trois reports, le Sommet de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) a fini par se réunir, mercredi, 6 mai, à Libreville. Sous la présidence du chef de l’État du Gabon, Ah Bongo Ondimba, l’Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le Tchadien, Idriss Déby Itno, et le Congolais, Denis Sassou Nguesso, qui avaient, personnellement, effectué le déplacement, ont pris trois décisions importantes, pleines de conséquences pour la sous-région. Deux de ces décisions sont à saluer.

La première, c’est la mise en place du principe de la libre circulation des personnes originaires des six pays de la CEMAC, dans l’espace sous-régional, avec effet immédiat. Contrairement à la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de ’Ouest) où cette mesure est effective depuis plusieurs longues années, dans la zone CEMAC, la libre circulation était totale, uniquement, dans quatre pays, à savoir, le Cameroun, le Centrafrique, le Congo et le Tchad. Le Gabon et la Guinée équatoriale, pour des raisons de politique intérieure, exigeaient la délivrance d’un visa en bonne et due forme, à tout ressortissant de la sous- région non titulaire d’un passeport diplomatique ou de service. Désormais, cette tracasserie va relever du passé, et c’est en frères bantu, que circuleront les populations de la CEMAC, maintenant que les barrières héritées de la colonisation, sont, en partie, levées. Il faudra, cependant, que les chefs d’État, étendent cette mesure aux passagers de la sous-région au départ des pays européens, américains et asiatiques, pour qu’elle bénéficie d’une application totale. Nouveau venu dans le club des chefs d’État de la CEMAC, le président, Ah Bongo Ondimba, artisan de cette mesure que les populations attendent depuis des lustres, devrait être fier de l’inscrire dans le bilan, qu’il défendra, certainement, en août 2016.

La deuxième mesure importante prise par les chefs d’État de la CEMAC, au Sommet de Libreville, est le retour immédiat de l’institution, dans son pays-siège, qui est le Centrafrique. Autrement dit, la CEMAC regagne Bangui, ville qu’elle avait désertée, il y a deux ans, à cause de l’insécurité, qui y régnait. Cette décision a été signifiée aux fonctionnaires de la CEMAC au moment où, se tenait, à Bangui, le Forum pour la réconciliation nationale. En l’absence de la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, retenue, à Bangui, pour la circonstance, c’est le premier ministre de transition, Mahamat Kamoun, qui a représenté, son pays au Sommet de Libreville. Ce retour à la maison, pour la CEMAC, est, donc, le signe de la normalisation du Centrafrique, sous tous les aspects de la vie. Un signe très encourageant.

Malheureusement, le Sommet de Libreville n’a pas pris que des décisions heureuses. Contre toute attente, même si cela se chuchotait, de plus en plus, l’échec de la mise en place de la compagnie sous-régionale, Air Cemac, a été, officiellement, acté. Ce projet est, désormais, enterré, ce qui, en même temps, relativise la volonté des dirigeants de la CEMAC, de faire, réellement, une intégration totale. Car se pose la question de savoir si celle-ci est possible sans les routes goudronnées qui relient les différentes capitales, et sans les lignes aériennes ayant les mêmes objectifs.

La mort d’Air Cemac me touche, personnellement, dans la mesure où l’appellation (non contrôlée), Air Cemac ; est une création pure et simple d’Afrique Education, au moment, où les chefs d’État, à l’instar du patriarche, Ondimba, évoquaient son arrivée dans les airs de la sous-région, sans lui donner un nom précis. lis préféraient l’appeler, compagnie aérienne sous- régionale ’, ce qui n’est pas en soi un nom cornmercial, pour marquer la différence, Afrique Education s’était mis à l’appeler Air Cemac ’, ce qui n’est pas, non plus, une trouvaille extraordinaire. Mais c’est le nom qui devint courant quand on évoquait sa création. Depuis 2002, et à la grande satisfaction d’Afrique Education,’ Air Cemac fut adopté comme possible nom commercial de la future compagnie.

Nous ne réclamerons pas les droits d’auteur au président de la Commission de la CEMAC, Pierre Moussa, le projet n’ayant pas pris son envol. Mais qu’on sache, simplement, d’où venait ce nom.

Espérons, vivement, que les compagnies aériennes nationales, qui sont à l’origine de la disparition d’Air Cemac, à savoir, Ceiba (Guinée équatoriale), Camair Co (Cameroun) et Ecair (Congo-Brazzaville), pour ne citer que les plus importantes, rempliront, efficacement, la mission d’intégration que les chefs d’État destinaient à la compagnie Air Cemac. Cette dernière aurait pu fonctionner à l’image de la compagnie, à capitaux privés, Asky, basée, à Lomé, avec comme partenaire technique, Ethiopian Airlines, qui y détient 40% de son capital, et s’occupe de sa gestion. En six années de fonctionnement, Asky arrive à desservir avec une régularité honorable, une vingtaine de capitales de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Tout compte fait, le Sommet de la CEMAC, à Libreville, aura été un bon sommet. La présidence en exercice est revenue au doyen de la sous-région et chef de l’État équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, à qui ses pairs confièrent les (difficiles) réformes de l’organisation, en mars 2006, à Bata. Une tâche à laquelle il s’acquitta avec beaucoup d’autorité et d’intelligence, et qui accoucha des règles de fonctionnement, qui régissent les organes actuels. Que nous réserve-t-il pour ce nouveau mandat ?

AFRIQUEDUCATION

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