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Deux journalistes de RFI assassinés au Mali.

Par La rédaction de Mediapart

Dimanche 10 novembre 2013 // Le Monde

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes français travaillant pour RFI, effectuaient une enquête sur le MNLA touareg.

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes français qui effectuaient un reportage pour la radio RFI, ont été enlevés samedi 2 novembre à Kidal (Mali). Selon plusieurs sources officielles maliennes citées par l’agence Reuters, les deux journalistes ont été assassinés peu après leur enlèvement. Samedi en fin d’après-midi, RFI a confirmé leur mort sur le réseau social Twitter.

Samedi soir, François Hollande a exprimé dans un communiqué « son indignation à l’égard de cet acte odieux ». Une réunion de crise s’est tenue dimanche matin à l’Elysée. A l’issue, le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a assuré que Ghislaine Dupont et Claude Verlon avaient été tués « par balles ». « Les assassins sont ceux que nous combattons, les groupes terroristes qui refusent la démocratie et refusent les élections », a-t-il dit, sans plus de précision.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour enlèvement et séquestration suivis de meurtres en lien avec une entreprise terroriste. L’enquête va être confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et à la sous-direction antiterroriste (SDAT).

Les deux reporters, qui effectuaient une enquête sur le MNLA (Mouvement national pour la libération de l’Azawad) touareg, avaient été kidnappés samedi en tout début d’après-midi à Kidal-ville par un groupe de quatre hommes circulant à bord d’une Toyota.  « Nos envoyés spéciaux dans le nord du Mali, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, ont été kidnappés à Kidal par des hommes armés aux alentours de 13H00 TU. RFI est sans nouvelles d’eux depuis », indiquait le site francophone de RFI vers 18 heures.

Ghislaine Dupont et Claude Verlon
Ghislaine Dupont et Claude Verlon© RFI

« Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été enlevés devant le domicile d’Ambéry Ag Rissa, un éminent représentant du MNLA de Kidal. Ambéry Ag Rissa a entendu un bruit suspect dans la rue, des coups de crosse portés contre le véhicule de nos reporters, a indiqué RFI sur son site web. Il a alors entrouvert sa porte et a vu les ravisseurs embarquer nos deux journalistes dans un véhicule 4×4 beige. Les ravisseurs l’ont menacé de leurs armes et l’ont sommé de rentrer chez lui. (...) Selon plusieurs sources, les ravisseurs se sont enfuis et ont mis le cap vers Tin-Essako, à l’est de Kidal. »

Plusieurs sources maliennes ont ensuite indiqué à l’agence Reuters que les deux reporters avaient été tués. « Quelques minutes après le début de la poursuite des ravisseurs des deux Français, on nous a informés que leurs corps ont été retrouvés criblés de balles à l’extérieur de la ville », a déclaré Paul-Marie Sidibé, préfet de la localité de Tinzawaten, cité par Le Monde. Un haut responsable du MNLA a confirmé l’information. Selon une source de la sécurité malienne citée par Reuters, les journalistes ont été tués à une dizaine de kilomètres à l’extérieur de la ville.

Kidal, grande ville du nord malien, est le fief historique de la rébellion touareg. La situation militaire y reste très tendue, près de dix mois après l’opération Serval lancée par la France en janvier 2013 pour stopper l’avancée des islamistes sur Bamako. Ghislaine Dupont et Claude Verlon s’y étaient rendus en juillet dernier à l’occasion de l’élection présidentielle. Cliquer ici pour réécouter cette série de reportages.
Deux autres Français, Gilberto Rodriguez Léal et Serge Lazarevic, sont toujours otages au Mali. Il y a quelques jours, la fille de ce dernier s’est dite sur Europe 1 « en colère contre le gouvernement » français, qu’elle soupçonne de ne pas négocier avec les ravisseurs. 

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