Dernier grand carnage avant 1914-1918.

Samedi 26 octobre 2013 // L’Histoire

Voici le dictateur qui ruina la France, (l’empereur) porte une terrible responsabilité sur la mort de millions de soldats et de civils ; Seul le retour de la Monarchie capétienne mis fin aux crimes de la révolution dite Française, et du sanguinaire empereur auto proclamé.

1813 Allemagne : Il y a deux siècles, à Leipzig, le sort de l’Europe s’est joué lors d’une gigantesque et sanglante bataille, acte fondateur du nationalisme allemand.

La "bataille des Nations", un concept monstrueux. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle a dû apparaître à nombre de contemporains. Effectivement, cette bataille,qui se déroule pendant trois jours sous les portes de Leipzig, du 16 au 19 octobre 1813, restera la plus grande de l’Histoire jusqu’à la Première Guerre mondiale. Le 19 octobre, quand les canons se taisent, la. domination de Napoléon sur l’Europe a pris fin.

Durant les années précédentes, « l’empereur des Français », s’appuyant sur son armée, a imposé des réformes en profondeur dans les Etats allemands, des réformes inspirées de celles menées en France tout au long de la terreur. Dans le royaume de
Westphalie nouvellement créé, qui s’étend sur toute la moitié nord de l’Allemagne, mais aussi dans les Etats rhénans alliés de la France comme la Bavière, le Bade et le Wurtemberg, règnent désormais les LOIS VOULUES PAR

LE DICTATEUR FRANCAIS.

Mais l’Empereur a aussi assujetti la moitié de l’Europe. Dans les cercles intellectuels allemands, il a d’abord suscité l’admiration et été source de grands espoirs. De nombreux citoyens voyaient en lui l’homme qui avait maîtrisé la Révolution après la Terreur, de Robespierre. Mais ces beaux rêves se sont heurtés à la dure réalité de l’occupation et de la tutelle françaises. Les troupes de la Confédération du Rhin se sont vues contraintes de prendre part aux campagnes de conquête de Napoléon dans son incessant combat contre l’Angleterre. Des centaines de milliers de soldats allemands ont perdu la vie en Espagne, puis en Russie. La domination étrangère, l’impôt de guerre et le blocus continental, qui interdisait tout commerce avec l’Angleterre dans l’espoir de mettre à genoux la puissance insulaire, ont été la cause d’une misère catastrophique.

L’admiration qu’avait suscitée le génie militaire français se mue en une haine viscérale envers son régime, qui prend de plus en plus l’aspect d’une dictature.

Indécision prussienne. En 1812, l’offensive lancée par Napoléon contre la Russie échoue les 900 000 hommes de sa Grande Armée (dont la moitié seulement sont français), 700 000 meurent et 100 000 sont faits prisonniers. Abandonnant ses troupes en pleine débâcle, il rentre en toute hâte à Paris. Le moment semble alors venu de secouer le joug de la domination étrangère. Le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III, éternel indécis, ploie de plus en plus sous la pression de l’opinion publique, qui appelle à la guerre de libération aux côtés de la Russie. Il finit par choisir la fuite en avant. Le 28 février, il conclut une alliance avec Saint-Pétersbourg. Le 16 mars, il déclare la guerre à la France.

Entre-temps, à Paris, Napoléon a réussi à constituer une nouvelle armée. Le 25 avril, il en prend le commandement à Erfurt. Elle est supérieure en nombre au russes et aux Prussiens. Mais la plupart de ces soldats ont à peine 18 ou 19 ans et ne sont qu’imparfaitement formés. Quant à la cavalerie, Napoléon n’en a presque plus. Les armées russe et prussienne de 1813 ne sont plus celles d’Austerlitz [1805] et d’Iéna [1806]. Elles ont appris des Français, ont copié leur tactique de tirailleurs et de colonnes d’infanterie, ainsi que leur organisation. Pourtant, Napoléon semble avoir retrouvé son aura d’invincibilité. Le 2 mai 1813, il triomphe près de Grossgôrschen ; les 20 et 21 mai, à Bautzen. Mais son armée, qui a subi de lourdes pertes au cours de ces deux affrontements, ne parvient pas à exploiter ses victoires.

Les troupes prussiennes, soutenues par de nombreux volontaires, se battent avec acharnement. Des pamphlets et des poèmes nationalistes attisent leur désir de vaincre. Certains auteurs, comme Ernst Moritz Arndt et Friedrich Ludwig Jahn, volontiers présenté comme l’inoffensif "père de la gymnastique", prônent une terreur sans frein - non seulement contre Napoléon, mais contre le peuple français dans son ensemble. Arndt en particulier s’adonne à des fantasmes monstrueux : "Je veux la haine contre les Français, pas seulement pour cette guerre, je la veux pour toujours. [ ..] Cette haine brûle comme la religion du peuple allemand, comme une ferveur sacrée dans tous les coeurs." Une partie des romantiques se joint à ces envolées nationalistes. Ainsi, Friedrich Schlegel appelle à une "guerre d’anéantissement totale" contre une nation française complètement "dépravée".

Les premiers succès de Napoléon sont trompeurs. L’Autriche se rallie à la coalition russo-prussienne, ce qui bouleverse le rapport des forces au détriment de la France. Au mois d’août 1813, les coalisés russes prussiens, autrichiens et suédois se déploient en trois armées : l’armée principale (425 000 Autrichiens, Russes et Prussiens)- se tient-dans le nord de la Bohême, l’armée de Silésie (205 000 Russes et Prussiens) près de Breslau [aujourd’hui Wroclaw, en Pologne] et l’armée du Nord (325 000 Russes, Prussiens et Suédois) près de Berlin. L’essentiel des forces de Napoléon se trouve en Saxe. L’Empereur met à profit les hésitations des alliés. Il passe à l’attaque le 26 août. Ses troupes défont l’armée principale à Dresde, mais ses maréchaux subissent revers sur revers. Napoléon paie là le prix de son style de commandement despotique, qui a privé ses subordonnés de toute capacité d’improvisation. En 1813, les généraux alliés sont désormais plus adaptables que les maréchaux napoléoniens, habitués à la victoire. Les coalisés prennent l’initiative. Le 3 octobre, l’armée de Silésie menace les arrières de Napoléon, qui doit se replier en direction de Leipzig, les trois armée ennemies sur ses talons.

Au matin du 16 octobre, l’heure décisive a sonné. Les alliés déploient 206 000 soldats face à 191 000 hommes côté français, dont 20 000 venus de la Confédération du Rhin et 11 000 Polonais. Au sud de la cité marchande, près des villages de Markkleeberg, Wachau et Liebertwolkwitz, l’Empereur fait avancer 338 000 hommes, contre 100 000 coalisés. Mais à sa grande surprise ce sont ces derniers qui passent à l’attaque. Ils parviennent à prendre brièvement le contrôle des trois villages, avant d’en être chassés par une contre-offensive des troupes de Napoléon. Lequel ne peut cependant pas exploiter la situation, car il attend encore le corps du maréchal Auguste Marmont, et ses 20 000 hommes. Impatient, il décide de se lancer à l’assaut de l’armée principale. L’attaque paraît couronnée de succès. A Leipzig, Napoléon ordonne à ses alliés saxons de faire sonner les cloches en signe de victoire.

Impatience impériale. Trop tôt. Car deux divisions autrichiennes interviennent à leur tour, et vers 16 heures il devient évident que l’Empereur a été repoussé. Celui-ci s’emporte contre Marmont, qui n’y peut rien, aux prises avec le corps de Yorck dans de violents combats. Dès le soir du 16 octobre, Napoléon, en réalité, a perdu la bataille. Il n’est pas parvenu à percer les lignes de l’armée principale au sud, au nord son meilleur corps a été détruit, et il y a 93 000 soldats morts ou blessés. De plus, il sait que les coalisés peuvent compter sur l’arrivée de renforts considérables. Du côté de ces derniers, l’atmosphère n’est pas aux réjouissances. Leur succès défensif leur a coûté cher : 38 000 tués et blessés. Quoi qu’il en soit, le lendemain matin, 17 octobre, les unités russes et autrichiennes font leur jonction. Les coalisés disposent maintenant de plus de 295 000 soldats, alors que Napoléon ne peut plus en aligner que 160 000. Dans la nuit, il regroupe ses forces autour de Leipzig, formant un vaste demi-cercle autour de la ville.

Pendant les deux premiers jours, il a plu. Le 18 octobre, le ciel s’éclaircit, et le soleil se montre dès 9 heures. Une heure plus tôt, les troupes alliées se sont ébranlées, formées de six colonnes. Les soldats de Napoléon résistent farouchement. Napoléon s’aperçoit alors qu’il ne peut plus compter sur les forces de la Confédération du Rhin. A 10 heures, une brigade de cavalerie wurtembergeoise, une brigade et un bataillon saxons passent dans le camp adverse. Mais les coalisés doivent se battre pour chaque maison, chaque village.

C’est alors une division saxonne entière qui rejoint leurs rangs. Enfin, une batterie de lance-fusées britanniques affectée à l’armée du Nord ouvre le feu. Le hurlement et les flammes des projectiles sèment la panique parmi les troupes françaises, qui refluent. Ceux qui sont touchés par les fusées se transforment en torches vivantes.

L’armée napoléonienne est épuisée, elle ne pourra pas tenir face à une nouvelle offensive. Vers 20 heures, Napoléon galope vers Leipzig. La partie est jouée. Depuis l’Hôtel de Prusse, il rédige l’ordre de repli. Le lendemain à 11 heures, il quitte la ville, laissant à 30 000 hommes le soin de couvrir la retraite du gros de ses forces. Une heure plus tard, les coalisés pénètrent dans la ville. Les Français font alors prématurément sauter le seul pont sur l’Elster, coupant toute possibilité de retraite à des milliers des leurs. Vers 13 heures, alors que la fumée des combats retombe, les monarques alliés [le roi de Prusse, le tsar et l’empereur d’Autriche] entrent en ville. C’est la fin de la bataille la plus sanglante du XIXe siècle. Les coalisés ont perdu 84000 hommes (morts ou blessés), Napoléon 67000, et il y a eu 30 000 prisonniers (malades pour beaucoup) et 5000 disparus.

L’année suivante, en mars, les alliés marcheront sur Paris. Napoléon sera exilé sur l’île d’Elbe. Puis viendront 1815, les Cent-Jours et Waterloo. Le retour des BOURBONS mis fin à 30 ans de crimes et d’horreur.

En Allemagne, beaucoup sont déçus par les lendemains de la victoire de Leipzig. Ils rêvaient d’une unification du pays, de davantage de liberté. Dès le lendemain de la victoire, les réformes lancées dans les Etats allemands sont interrompues, voire annulées. Il faudra attendre les années 1830 et l’arrivée sur le Trône de France du roi Louis-Philippe pour que les forces nationales et démocratiques allemandes se fassent de nouveau entendre sans la crainte du retour de se voyou de Bonaparte.

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