Démonologie socialiste.

Mercredi 19 mars 2014 // La France


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Le mépris pour le peuple de nos muscadins barbouillés de rose est le meilleur allié du Front national.

Quand Montebourg caricature Le Pen en apologiste de la Gestapo, et sa fille Marine en walkyrie ou peu s’en faut, la grossièreté de l’amalgame et la discourtoisie suscitent un mix d’exaspération, de lassitude et de sympathie pour les parias. Trop c’est trop ! Quand Valls expédie Goasguen dans le dernier cercle de l’enfer, au motif qu’à 20 ans il militait à la Corpo d’Assas, il donne envie de détourner le slogan des émeutiers de mai 1968 en clamant à l’unisson : "Nous sommes tous des anciens de la Corpo !" Car, par les temps inquisitoriaux qui courent, nous sommes tous suspects d’hérésie à l’aune de la théologie socialiste.

Autant le savoir, et renvoyer la balle de la morale dans le camp qui héberge au gouvernement des militants issus de l’extrême gauche la plus frénétique (certains Verts) et administre des collectivités locales avec des restes du stalinisme le plus brutal (le PCF). Valls a beau juger le passé communiste de tel responsable de l’UDI plus « honorable » qu’une escale juvénile à l’extrême droite, il ne peut occulter la menace que le stalinisme a fait peser sur la liberté des Occidentaux jusqu’à l’implosion de l’empire soviétique. Était-il plus "honorable" de pactiser avec la terreur rouge que d’affronter avec la Corpo ses soutiers de l’Unef ? Chacun en jugera.

A vrai dire, l’histoire a déjà jugé. En tout cas, aucun danger venu de l’extrême droite ne s’est profilé en France depuis belle lurette. Aucun ne nous guette, et Valls le sait pertinemment. Le "facho", le "réac" et les litanies qui escortent ces gros mots sont juste les attendus éculés d’un procédé sémantique cher à tous les totalitarismes, rouges ou bruns. En revanche les fantasmes "sociétaux" d’une fraction de la gauche sur le genre, sur la souche trahissent bel et bien une radicalisation.

Si menace il y a sur la santé de notre démocratie, elle vient de ce bord, pas de la droite. Ni du FN, dont la diabolisation vise à réintroduire en catimini le bobo et le gaucho dans l’empire du Bien. Ils ont perdu la foi révolutionnaire, et les moins bornés doutent de la pertinence de leurs fantasmes libertaires ; il ne reste à ces âmes mortes que la traque au "facho" pour maquiller leur vacuité.

Comme par hasard, le mot "populisme" vient s’ajouter à l’attirail de leur démonologie. Mépriser le populo en se drapant de vertu : telle est l’imposture de la gauche, récurrente depuis que Mitterrand érigea cyniquement Le Pen en épouvantail pour attiser un désir lié à la transgression de l’interdit.

La droite a et tort de donner dans cet érotisme tortueux en avalisant les pseudo-"valeurs républicaines" invoquées par la gauche pour l’enrôler à titre de supplétif dans sa pseudo-croisade contre un pseudo-fascisme. Elle n’aurait rien à perdre en traitant le FN sur un pied de stricte égalité avec ses autres adversaires. Pas plus, pas moins. Le FN veut la peau de l’UMP ; elle n’a aucune raison de le ménager. Mais aucune raison non plus de renchérir servilement sur l’irrespect que la gauche manifeste à la composante la plus populaire de notre paysage politique. Marine Le Pen est moralement aussi "honorable" que les ministres de Hollande ou l’entourage d’Harlem Désir. Ses militants, ses électeurs ne toléreront pas indéfiniment d’être traités en manants de la seigneurie énarchique.

 Le mépris de muscadins barbouillés de rose draine vers le vote FN plus de citoyens que le programme de ce parti, et les contorsions de l’UMP accréditent la thèse d’une connivence UMPS dans une opinion déjà encline à mettre les deux hémisphères dans le même sac à combines politicardes.

C’est la triche langagière des tartufes à la botte d’un pouvoir aux abois qui incite les uns à se poujadiser, les autres à se durcir, presque tous à récuser le système politicomédiatique. C’est en la démystifiant sans merci que le débat public retrouvera de la substance, la droite de la crédibilité, les Français de la convivialité. Envoyons paître les raseurs de la bigoterie "moderne" et chantons joyeusement : "Nous sommes tous des anciens de la Corpo !"

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