Délinquance : un mensonge organisé.

Par Fabrice Madouas

Mercredi 19 mars 2014 // La France


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Un rapport conteste la fiabilité des chiffres des crimes et des délits. Ce rapport dénonce des trucages pratiqués par la droite comme par la gauche... Si l’on ajoute à ces délits, et à ces crimes l’odeur nauséabonde de certains juges d’instruction qui se comportent en inquisiteurs. Leur but est de détruire un ancien président de la République.

Ne nous étonnons pas que la France puisse subir une justice égale à celle de la Corée du Nord. HONTE à EUX.

C’est un communiqué très alambiqué qu’a diffusé, lundi, la préfecture de police de Paris sur les statistiques de la délinquance dans la capitale. En cause, un rapport conjoint des Inspections générales de l’administration (IGA) et de la police nationale (IGPN), commandée en septembre 2012 par le préfet de police, Bernard Boucault. Selon ce document, dont Europe 1 et l’AFP ont dévoilé les grandes lignes, les chiffres des délits commis à Paris et dans les départements limitrophes (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) ont été sciemment minimisés, depuis plusieurs années, dans le but de « réduire l’apparence de la gravité de la délinquance ».

Ces pratiques ne concernent pas seulement la droite (ce que Manuel Valls aurait voulu démontrer par cette commande) mais ont perduré bien après l’arrivée de François Hollande au pouvoir. D’où l’embarras du préfet de police obligé de reconnaître, après les révélations d’Europe 1, que la « non-comptabilisation » des délits, quoique « en diminution », n’a pas cessé et que « la remise en ordre des pratiques est difficile »...Concrètement, le rapport Gagneron (du nom de l’inspecteur général qui en a supervisé la rédaction) dénonce trois méthodes de manipulation des statistiques.

D’abord, le report de faits d’un mois sur l’autre : ils ne sont pas comptabilisés en janvier mais en février, par exemple, quand les objectifs fixés aux policiers ont été atteints. Ensuite, la déqualification de certaines infractions : une tentative de cambriolage devient une simple "déadation" ; un vol avec violences, un "vol simple". Enfin, la disparition pure et simple de certaines infractions : la Préfecture de police (PP) parle pudiquement de « non-comptabilisation de certains faits en utilisant diverses techniques dont la suppression de fiches statistiques ».

« Dans la réalité, le report [pratique aujourd’hui abandonnée] n’affecte pas le stock d’infractions », note Claude Guéant, interrogé par Valeurs actuelles. L’ancien ministre de l’Intérieur estime aussi que la qualification juridique d’un fait peut varier, selon sa gravité. Des policiers reconnaissent qu’en l’absence de préjudice matériel, ils convertissent volontiers les tentatives d’effraction en dégradations, les magistrats ayant renoncé à poursuivre ce type d’infraction. Problème : il ne s’agit pas toujours d’une simple tentative...

Plusieurs cambriolages, en juin 2013, ont été comptabilisés comme des dégradations même quand le préjudice atteignait plusieurs milliers d’euros ! Ce qui n’a pas suffi à masquer l’explosion de leur nombre : + 26 % à Paris en 2013. "La vérité, c’est que tous les ministres de l’Intérieur sont obsédés par les chiffres, Valls comme Sarkozy."

La faute à qui ? Certains, y compris à la Préfecture de police, n’hésitent pas à mettre en cause les commissaires, le montant de certaines primes variant selon leurs résultats. « Ils ont bon dos, les commissaires ! S’insurge Olivier Boisteaux, président du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP). La PP est une structure pyramidale et hiérarchique. Les commissaires ne font jamais qu’adresser les chiffres des arrondissements aux services centraux » qui les moulinent ensuite, le "chiffre final" étant entériné par le préfet de police. Une organisation d’autant plus difficile à contrôler qu’il existe à Paris deux systèmes de comptabilisation des infractions : l’état 4001, qui recense les faits faisant l’objet d’une procédure judiciaire transmise au parquet, et un logiciel permettant de répertorier une infraction sans qu’elle soit comptabilisée dans les statistiques.

« La vérité, c’est que tous les ministres de l’Intérieur sont obsédés par les chiffres, tranche un autre policier. Parce que aucun ne peut se permettre d’en présenter de mauvais ! Ni Valls, ni Sarkozy, ni Vaillant avant lui ! » Le cabinet de Manuel Valls connaît bien les subtilités de cette comptabilité : son directeur adjoint, Renaud Vedel, n’est autre que l’ancien directeur de cabinet de Michel Gaudin, préfet de police de Paris sous Nicolas Sarkozy. C’est dire qu’il n’ignorait rien du système aujourd’hui mis en cause.

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