Crise au Nord Mali.

Une intervention française qui réconcilie Paris avec l’Afrique.

Lundi 11 février 2013 // L’Afrique

Les forces françaises sont parvenues à saisir cette nuit (25 au 26 janvier), la zone de l’aéroport de Gao ainsi que le pont sur le fleuve Niger. Plusieurs groupes terroristes ont combattu les forces françaises intervenant en soutien de l’armée malienne.

Leurs moyens mobiles et plusieurs sites logistiques leur appartenant ont été détruits. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, adresse ses plus vives félicitations aux militaires français ayant rempli ces dernières heures avec succès la mission qui leur a été confiée. Leur détermination, leur courage et la qualité de leur préparation, ont permis de mener à bien cette opération au Nord-Est du Mali, décidée par le président de la République pour libérer Gao des groupes terroristes djihadistes.

Le dispositif militaire sur la zone de Gao se renforce aujourd’hui avec l’engagement de militaires maliens et d’une unité du sous-groupement tactique interarmes. Des contingents africains, formés de militaires nigériens et tchadiens, arrivent sur zone pour prendre le relais de nos forces. Les armées africaines et malienne devront sécuriser la région de Gao et ses habitants, progressivement, libérés du risque terroriste. Le rétablissement des pouvoirs réguliers, à Gao, suppose de mettre hors d’état de nuire les terroristes djihadistes et de permettre le bon fonctionnement des autorités locales.

Ainsi, dès ce soir (26 janvier), Sadou Diallo, le maire de Gao, réfugié à Bamako, a pu regagner sa ville accompagné par le colonel Dako ».

Voici le communiqué que le Centre de presse du Ministère français de la Défense a envoyé à AFRIQUEDUCATION ce samedi 26 janvier, à 18h25, me poussant à écrire cet éditorial, pour rendre un vibrant hommage à l’action de l’armée française, au Nord-Mali, et à celle de son chef suprême, le président François Hollande, pour l’immense et excellent travail accompli. Nul doute que dans quelques jours, ce sont les villes de Tombouctou, Kidal et le reste du territoire, qui seront libérés.

Que c’est beau, la politique, quand elle sert à défendre des causes justes (lire Union africaine). Je dois néanmoins ajouter que cette intervention militaire française fait, quelque part, honte. Car il revenait à la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) à laquelle appartient le Nigeria, de la susciter. Une fois la CEDEAO dépassée, l’Union africaine (UA) aurait pu prendre le relais, en impliquant directement des pays dont les armées sont plus aguerries : Afrique du Sud, Angola, Ethiopie, Rwanda, Ouganda et j’en passe. Nous ne l’avons pas fait parce que nous ne sommes ni unis ni bien organisés.

Nous nous sommes comportés, comme d’éternels assistés que nous ne cessons d’être, même quand nous affirmons le contraire. Le président Yayi Boni, qui a fait un travail remarquable pendant son mandat à la tête de l’UA, a eu raison de remercier son homologue, François Hollande, dans son discours de fin de mandat, le 27 janvier, à Addis Abeba. Si le président français avait choisi, lui aussi, de compter son argent en n’intervenant pas, que serait devenue la capitale malienne ?

J’ai dénoncé, en son temps, l’intervention militaire de l’OTAN en Libye. Elle a semé ce que nous récoltons aujourd’hui. Je suis, comme vous savez, un partisan de la liberté des peuples, même si celle-ci est relative.

Le Mali va être libéré. DIEU est grand ! Mais même si les djihadistes seront sérieusement affaiblis, beaucoup d’entre eux ont tôt fait de fondre dans la nature, surtout, dans les montagnes, en attendant le bon moment pour frapper à nouveau. Certes, leurs armes ont été détruites, mais, grâce aux fruits de leurs nombreux trafics, ils peuvent rapidement se reconstituer un arsenal de guerre. Il ne faut plus les laisser s’organiser, à défaut de les éradiquer complètement. Il faudra, par conséquent, avoir, désormais, une vraie politique de surveillance des frontières dans la zone du Sahel qui suppose la mise en place d’une véritable coordination policière et militaire.

Cela ne sera pas suffisant. Il serait utile pour tout le monde que l’armée française puisse disposer, de manière permanente, des moyens de surveillance et d’intervention appropriés dans le Nord-Mali, sous forme de base militaire ou autre. Si on ne le fait pas, que l’armée française s’apprête à intervenir à nouveau dans quelque temps. Tout le temps.

Beaucoup de mes distingués lecteurs vont me répondre : Oh la la ! C’est le retour du colonialisme. Je réponds : attention ! L’Allemagne, l’Italie, la Grande Bretagne, pour ne citer que ces trois grands pays européens, ne continuent-ils pas d’abriter des forces américaines, bien après l’effondrement de l’Union soviétique ? Le Japon et la Corée du Sud ne disposent-ils pas de bases militaires américaines depuis la fin de la deuxième guerre mondiale ? Est-ce pour autant que ces pays sont sous tutelle ? Que non ! Tout est, donc, dans l’accord (gagnant-gagnant) que devra signer le prochain président malien issu de l’élection présidentielle de 2013, avec le Chef de l’Elysée.

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