Congé parental : Renvoyer les femmes au travail plutôt.

Dimanche 17 février 2013 // La France

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Raccourcir le congé parental de deux ans et imposer aux hommes d’en prendre une partie afin de renvoyer les femmes le plus vite possible au boulot : Najat-Vailaud-Bel-kacem y va tout droit. Le ministre des Droits des femmes propose qu’une période de six mois sur un an, soit réservée aux pères, au nom de l’égalité des sexes. Comme ça ils pourront continuer d’allaiter.

Cette réforme n’est possible que si elle s’accompagne de construction de places de crèches et autres modes d’accueil, elle sera donc extrêmement coûteuse. Mais qu’importe, puisqu’elle est idéologique. Beaucoup plus coûteuse que le « salaire maternel » que réclame : « notamment le Front national » pour laisser le choix aux mères de recommencer à travailler ou pas et de s’occuper elles-mêmes de leur enfant.

Cet « effort doit être au cœur de la prochaine convention d’objectifs et de moyens de la caisse nationale des allocations familiales »,annonce Vallaut-Belkacem. Les partenaires sociaux doivent nous proposer rapidement des recommandations », l’échéance étant fixée à la journée internationale des femmes, le 8 mars. C’est une urgence en effet et pour ça, on trouve du fric.

Le projet se veut un complément de la réforme des rythmes scolaires qui « libérera le mercredi des mères » (sic). Enfants à la crèche dès deux mois, enfants à l’école dès deux ans, confiés le plus tôt possible à la collectivité socialiste, voilà la vraie libération des femmes. Pourquoi mettre des enfants au monde dans ce cas ?

« Le congé parental conduit aujourd’hui trop souvent les femmes à un éloignement durable », estime la passionaria du gender. Une sorte d’exil, de bannissement de la Vraie vie, quoi. « Sur un peu plus de 2 millions de femmes ayant un enfant aie moins de 3 ans, seule, 40 % travaillent et 40 % de celles qui sont en congé parental préféreraient travailler. » Mais d’où sort-elle ses chiffres ? Je ne connais personnellement pas une mère qui en déposant son enfant chez la nourrice ou à la crèche après son congé légal de maternité (l’enfant a alors deux mois et demi) ne trouve pas que c’est beaucoup trop tôt et que c’est absolument déchirant.

Actuellement en France le congé de, maternité remboursée par la Sécurité sociale est de six semaines avant l’accouchement et de dix semaines après (pour un premier et un deuxième enfant, un peu plus long pour un troisième). C’est-à-dire que la mère retourne travailler quand son bébé a deux mois et demi. Lé congé parental d’éducation peut être pris à la fin du congé de maternité. Il permet actuellement aux mères de « faire une pause dans leur carrière » pour s’occuper de leurs enfants jusqu’à l’âge de trois ans. Mais sa rémunération de 566 euros par mois (versée par la Caisse d’allocations familiales) est tellement dérisoire qu’elle est souvent dissuasive. Selon la volonté du gouvernement, le congé parental pourrait être réduit à un an, jus-qu’au 15 mois de l’enfant donc et rémunéré à hauteur de 50 % à 60 % du salaire brut, soit 1 500 et 1 800 euros par mois. Une partie du congé serait obligatoire attribué attribué au père et serait non transmissible afin qu’il soit « asexué » selon la saine et vraie définition de « congé parental ».

Pour convaincre les pères il faut donc les convaincre ? - l’indemnisation du congé serait ainsi augmentée et sa durée raccourcie. Cela signifie que de toute façon, dès les 15 mois de l’enfant, ce dernier rentre dans le système collectif. C’est encore une régression des avantages familiaux déjà réduits à la, portion congrue.

Les associations familiales regroupées au sein de I Unaf estiment « qu’une telle mesure n’est pas une priorité », d’autant que cette réduction du congé parental accentuerait le problème du mode de garde. Il manque déjà 350 000 places d’accueil pour les 0-3 ans, raccourcir le congé parental plus la location reviendrait à augmenter encore plus la demande, déplore François Fondard, président de l’Unaf. « Si ou réduit ce congé à un an, ou deux ans les familles qui ne parviendront pas à faire garder leurs enfants ne pourront pas reprendre d’activité et se retrouveront appauvries, sans aucune compensation financière. »

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