CHARLES BEIGBEDER : « Rendre la parole aux Parisiens »

Lundi 7 avril 2014 // La France

Homme d’affaires, Charles Beigbeder croit à l’engagement des citoyens en politique. Passé par le Parti radical et l’UMP, il est entré en concurrence avec Nathalie Kosciusko-Morizet dans la course à la mairie de la capitale. Il a fondé le mouvement « Paris libéré » qui présente vingt listes aux municipales à Paris.

QU’EST-CE QUI POUSSE UN ENTREPRENEUR À SUCCÈS VERS LA POLITIQUE ?

Déprime, défiance, crise identitaire : la situation de notre pays est périlleuse et signe l’échec d’une certaine façon de faire de la politique. L’avenir, tant au niveau local que national, est à la prise en main de son destin par la société civile. J’ai donc décidé de m’engager en défendant quelques idées fortes comme la liberté d’entreprendre et la libération du marché du travail.

VOUS PRÉSENTEZ DES LISTES « PARIS LIBÉRÉ » AUX MUNICIPALES PARISIENNES. POURQUOI ?

Pour réunir ceux qui souhaitent l’alternance à Paris mais qui ne se reconnaissent pas dans les listes conduites par Nathalie Kosciusko-Morizet. Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, la mairie de Paris est gérée en dépit du bon sens depuis 13 ans. Delanoë, c’est Gabegie le magnifique ! Quant à NKM, par ses prises de position, notamment sur les sujets sociétaux, elle n’est pas clairement identifiée comme candidate de droite. Ses propositions sont teintées d’une idéologie « bobo » visant à séduire un électorat qui votera de toute façon pour Anne Hidalgo.

Du COUP, OÙ VOUS SITUEZ-VOUS SUR L’ÉCHIQUIER POLITIQUE ?

Notre but est d’inciter les abstentionnistes à se déplacer. Il s’agit aussi d’offrir une alternative au vote Front national. Nous ne sommes pas des « dissidents » de l’UMP comme on a pu l’entendre. Nos listes sont libres et indépendantes et nos candidats, issus pour la plupart de la société civile, reflètent toutes les sensibilités de la société française. Nous avons l’espoir d’engranger quelques bons résultats, en particulier dans les arrondissements de l’Ouest parisien. Par la discussion et la négociation nous défendrons nos idées entre les deux tours.

QUELS SONT LES GRANDS AXES DE VOS PROPOSITIONS ?

Nous voulons rendre la parole aux Parisiens en les consultants par voie de référendum. Nous proposons par exemple la création d’une police municipale. Il est aberrant que les Parisiens paient pour une police qui ne relève pas de l’autorité du maire, mais d’un préfet nommé par le gouvernement ! Nous demandons également l’expérimentation d’un contrat de travail simplifié, offrant plus de flexibilité à l’employeur. Paris, où il y a 120 000 chômeurs, résume le drame français : la rigidité du droit du travail pénalise gravement le marché de l’emploi. En ce qui concerne le logement, nous demanderons aux habitants de la capitale leur accord pour la création d’un contrat de location plus avantageux pour les propriétaires. On parle de crise du logement, mais 70 000 appartements sont vacants à Paris ! Par ailleurs, est-il normal que 30% des logements sociaux soient attribués à des non-parisiens comme c’est aujourd’hui le cas ?

Bref, notre volonté est de consulter les Parisiens sur les sujets qui les concernent au premier chef. Nous entendons également remettre de l’ordre dans les finances publiques en baissant l’endettement de la ville de 30% pendant la mandature et en réduisant la fiscalité de 10%. C’est possible, tant il existe de gaspillages et de gisements d’économies à faire. Le maire de Paris a 36 adjoints disposants chacun de cabinets pléthoriques ! À titre de comparaison, le « grand Londres » compte 8 fonctionnaires pour 1000 habitants, contre 33 pour le même nombre d’habitants à Paris...

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