CANDIDATS : Dialogue sur leurs limites. Franco-français.

Samedi 3 mars 2012 // Controverses

Drapeau de France

Honte à la république ; honte à des mots qui ne grandissent pas les candidats. On parle de GUERRE entre Sarkozy et Hollande. Quelle GUERRE ? Juste un affrontement d’idées. Arrêtons d’employer des termes guerriers. Messieurs les journalistes, allez faire votre travail en Syrie, vous pourrez alors écrire ou parler de GUERRE.

On en sait maintenant assez, cher ami, sur les deux candidats pour se faire une idée des avantages et des inconvénients qu’entraînerait leur élection. Très bien. Commençons par le socialiste, puis qu’il est le favori. Je ne suis pas certain que vous allez y arriver : on ne peut pas dire qu’il se mouille beaucoup ni qu’il soit précis sur ses intentions. C’est vrai. Tout est renvoyé à des négociations ultérieures avec les syndicats, avec Angela Merkel, etc.. Cependant, on a bien vu qu’il reste partisan de la croissance à crédit et de l’augmentation des prélèvements dans un pays qui a déjà les impôts les plus élevés du monde civilisé. II financera la réduction des déficits par des gains dont nul ne sait d’où ils viendront, sauf qu’ils tomberont du ciel, mais ne dit pas un mot de la réduction immédiate des dépenses publiques, la seule question qui compte avec celle du soutien à l’investissement privé.

- Et son rival ?

- Le président n’est pas plus explicite sur les deux sujets dont nous venons de parler. Au fond, il n’est pas très éloigné de son adversaire. Ces derniers jours, il a déplacé l’attention vers des sujets annexes et anodins, ce qui lui évite d’avoir à expliquer ce qu’il devra faire s’il est réélu. Encore peut-on douter qu’il s’y décide. Indépendamment de l’irruption de la crise, sa politique a été elle aussi celle du crédit et des déficits. Pourquoi en changerait-il ? Tout récemment, le gouvernement a annoncé qu’il paierait les RTT des médecins des hôpitaux publics. Il y en a pour 800 millions d’euros. Est-ce vraiment dans nos moyens ?

Vous avez raison, c’est un symbole éclairant. Je vous en propose un autre : avez-vous vu sur quel ton le gouverneur de la Banque de France a répondu à la Cour des comptes, qui faisait remarquer que son établissement vit sur un pied fastueux pour un résultat médiocre ?

Oui, C’était magnifique. On dirait du Labiche. Si je vous suis, personne n’est d’accord pour faire ce qui est à l’oeuvre chez nos voisins ?

C’est à peu près ça. Les Portugais, les Espagnols, les Italiens, même les Britanniques ne nous ont pas attendus. Le constat est simple : ils font partie des pays qui se réforment, nous ferons partie des pays qui ne se sont pas réformés.

- Cela vient d’où ?

- C’est ontologique.

Vous parlez comme la revue le Débat, très prisée des milieux qui comptent. Si seulement ! Je voulais simplement dire que nos dirigeants ont la dépense dans le sang, qu’ils soient de droite ou de gauche. Après tout, c’est le financement de la guerre d’Indépendance américaine qui a entraîné la chute de Louis XVI, dont on ne peut pas dire qu’il était beaucoup plus à droite que François Hollande.

Et ce sont les grands travaux du bon président François Mitterrand qui ont donné au budget le réflexe d’accepter les projets aussi inutiles que hors de prix, comme celui, en discussion en ce moment, d’une Philharmonie de Paris.

- Eh oui ! La liste serait interminable. Nous la commençons ?

- Nous y serions encore en avril, et je vous rappelle que "ça se rapproche’ comme dit Nicolas Sarkozy.

- Que va-t-il se passer d’ici là ?

Les autres pays ne nous attendront pas. Par exemple, il n’y a pas de doute qu’ils laisseront tomber la Grèce si elle y tient absolument. Ils pourraient faire la même chose avec nous. Il est vain de croire que nous sommes le centre du dispositif, l’élément essentiel sans lequel personne ne peut rien. François Hollande le croit, non parce qu’il est de gauche, mais parce qu’il n’est jamais sorti de chez lui. Sinon, il n’aurait pas fait l’erreur de promettre la renégociation du nouveau traité européen. Et Nicolas Sarkozy, qui est plus au fait, ne veut pas en parler, parce qu’il pense que ça l’empêcherait d’être réélu.

On voit que les inconvénients sont assez répartis. Et les avantages ?

- Ils seront pour la semaine prochaine. Ça nous laissera le temps d’en trouver. 

Valeurs actuelles 16 février 2012

 

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