Bonjour les vaches.

Samedi 24 mars 2012 // La France

Drapeau de FranceTous les candidats sont allés se promener devant veaux, vaches, cochons et diverses couvées. Après des déclarations bien préparées, ils ont laissé, pour un an, les agriculteurs devant leurs problèmes.

En 2011, la balance agricole française était en excédent de 11,4 milliards d’euros, soit une hausse de 15% par rapport à l’année précédente. Notre pays est le quatrième exportateur mondial en ce domaine.

De droite et de gauche ; les candidats se réjouissent de ces chiffres mais, ils voient surtout que les agriculteurs sont encore plus d’un million, ce qui fait un bel électorat. D’où les visites au Salon de l’Agriculture, avec pour modèle celles que faisait avec un plaisir manifeste Jacques Chirac, ancien ministre de l’Agriculture.

Nicolas Sarkozy fut le premier visiteur de marque puisque c’est le président de la République qui inaugure le Salon. Mais c’est surtout le candidat qui a parlé, pour exalter les. valeurs de la ruralité : « Je me sens au côté des valeurs que vous portez, celles de gens qui aiment leur travail et qui veulent en vivre ». Né à Neuilly, le président de la République n’a pas une expérience directe du monde rural mais il devrait pouvoir compter sur le soutien de 40% des agriculteurs si l’on en croit les enquêtes d’opinion.

Toujours du côté droit, Marine Le Pen n’a pas non plus baigné dans la paysannerie. Elle aussi est une enfant de Neuilly-sur-Seine mais elle ne vient pas en terre hostile : cinq heures de visite le 2 mars et une confrontation à huis clos avec les dirigeants de l’Association interprofessionnelle du bétail et des viandes (interbev) qui a mal pris une déclaration de la présidente du Front national sur la vente de la viande hallal en Île-de-France. S’estimant « pris en otages » par la politique et particulièrement par le Front national, les dirigeants de l’interbev ont tenu à le faire savoir à Marine Le Pen au cours d’une discussion « musclée mais correcte ».

A gauche, la visite au Salon est perçue comme une épreuve car les sympathisants socialistes sont peu nombreux. Pour compenser ce handicap, François Hollande a battu le 28 février tous les records de présence : 10 heures d’affilée ! Le candidat socialiste a pour lui d’être élu de la Corrèze et de s’y connaître en vaches - mais tout de même moins que Jacques Chirac, doué de surcroît d’un solide appétit qui rappelait aux anciens le président Queuille. En des termes voisins de ceux employés par Marine Le Pen, François Hollande a déclaré que « le pire ennemi de l’agriculture, c’est le libéralisme et la mondialisation ». Autre point commun : le candidat socialiste a évité de justesse deux oeufs lancés dans sa direction et Marine Le Pen a reçu le contenu d’un verre d’eau.

Plus à gauche, Jean-Luc Mélenchon a affronté sans se démonter l’hostilité ambiante il a argumenté que son programme prévoyait la création de 300.000 emplois dans l’agriculture. Sans convaincre.

Au centre, cela se passe mieux. François Bayrou a l’avantage d’être fils de paysans, d’avoir travaillé la terre et conservé l’exploitation familiale. Dire qu’il faut « produire français » ne peut que plaire mais le candidat se refuse à toute démagogie et souligne que la plupart des agriculteurs ont du mal à gagner leur vie.

Tous sont repartis, sans que l’on sache qui, parmi les candidats, est vraiment décidé à agir contre la pauvreté en milieu rural et pour assurer l’avenir de l’agriculture lors de la réforme de la Politique agricole commune. Réponse dans un an, au prochain Salon ?

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