Bel alignement des planètes pour la droite.

Mardi 9 juin 2015 // La France

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Le moment n’a jamais été aussi propice pour poser les fondations d’une union des droites entre une UMP sans idées ni valeurs et les déçus d’un FN en lambeaux.

Georges Clemenceau, qui était aussi lucide qu’impitoyable, avait eu un jour cette saillie : « En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. » Cette phrase garde une terrible fraîcheur si on la met en regard de l’actualité française de la semaine passée. Qu’il s’agisse du Parti socialiste, emmêlé dans les préparatifs de son congrès de Poitiers, de l’UMP, qui accorde bien plus d’importance à sa reconstruction qu’à la refondation d’un projet de société pour l’alternance, ou encore du Front national, qui a montré son vrai visage, celui d’une boutique familiale coupée entre une droite décomplexée et une sorte de national-socialisme voulu par la clique de Florian Philippot.

Les trois grandes forces politiques du pays ont donc passé ces derniers jours à régler des conflits internes, des meurtres entre amis, voire entre père et fille, à rédiger des motions de synthèse dignes de la SFIO ou à organiser les modalités d’une primaire dont tout le monde se moque. À aucun moment le sort des Français, l’avenir du pays, les souffrances de millions de nos compatriotes, l’insécurité permanente dans laquelle ils vivent, la perte de leur identité n’ont été évoqués par ces princes qui ne pensent qu’à gouverner. Non, qu’il s’agisse de la gauche, de la droite gouvernementale ou de la droite extrême, tous n’ont cherché qu’à sauver leur pré carré, détruire leurs frères d’armes ou négocier de médiocres arrangements.

Comment veut-on qu’après une semaine comme celle-ci, les Français retrouvent le goût de la politique et la volonté de s’engager, qu’ils cessent de s’abstenir massivement aux élections ? La France est passée, en vingt ans, de la troisième à la sixième place au classement des nations. Elle est en état de cessation de paiements avec une dette record, des retraites pour partie payées à crédit et un déficit budgétaire qui la met en plus mauvaise posture que la Grèce. Son modèle social issu du Conseil national de la Résistance n’est plus qu’une fiction. Sa politique familiale a été démolie par la gauche. Son système scolaire est en passe de devenir le pire de toute l’Europe. Sans compter ses frontières, qui sont virtuelles pour les 200000 clandestins qui franchissent celles de l’espace Schengen chaque année et participent de ce "suicide français".

Que la gauche soit désormais condamnée à l’immobilisme à cause de la volonté de François Hollande de renouer avec Cécile Duflot pour ne pas sortir lessivé du premier tour de la présidentielle de 2017, c’est un fait ! Que Manuel Valls n’essaie plus de mettre sa fougue réformatrice au service de sa propre ambition, c’est bien normal. Car plus aucun Français n’attend aujourd’hui que les problèmes auxquels nous devons faire face soient réglés par ceux-là même qui les ont créés. Que le Front national fasse apparaître au grand jour ses divisions familiales, claniques mais aussi idéologiques, ce n’est pas très surprenant. Et les conséquences de ce qui vient de se passer vont être lourdes à gérer et longues à digérer.

Mais le plus pathétique est encore le visage offert par l’UMP, qui vient de remporter haut la main les élections départementales. Voilà un parti qui a, en principe, toutes les chances de revenir au pouvoir et de nous débarrasser de l’impéritie des socialistes. Mais plutôt que de construire un projet de société susceptible de remettre le pays d’aplomb, il passe des heures à pinailler sur des projets de statut qui n’intéressent personne. Au lieu de travailler sur les valeurs propres à fédérer tous ceux qui veulent voir leur pays se redresser, les hiérarques de la rue de Vaugirard se demandent si Les Républicains est une belle enseigne pour une boutique vide d’idées, d’énergie, et de renouveau.

Quel mépris pour le peuple de droite, qui mérite mieux que des chicaneries d’appareil ! Quelle morgue pour tous ceux qui attendent l’alternance et auxquels on va vendre une nouvelle appellation comme on propose une nouvelle lessive ! Quelle erreur tactique alors que le moment n’a jamais été aussi propice pour poser les fondations d’une union des droites avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté qui veulent voir la France retrouver son prestige et sa dignité.

« La haute politique n’est que le bon sens appliqué aux grandes choses », disait Napoléon. Le bon sens, aujourd’hui, pour un leader de droite, c’est d’aller reconquérir tous ces Français qui sont déboussolés par l’explosion du Front national. Car ce qui les rassemble, en termes de valeurs, d’identité et de souveraineté, est bien plus important que ce qui les sépare. Or, des occasions de recomposer à ce point le jeu politique, il n’y en aura pas tous les jours. Jamais les planètes n’ont été aussi bien alignées pour préparer enfin une union du peuple de droite. Ne perdons plus une seule seconde !

Les Royalistes de Yves de Kerdrel et « non les républicains » de sarkozy

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