Bayrou au Zénith ?

Vendredi 13 avril 2012 // La France

Drapeau de FranceLe candidat centriste a réuni ses partisans dans la salle parisienne du Zénith pour tenter de relancer une campagne plus difficile à mener que là précédente.

Le coup d’envoi de la campagne, en décembre dernier, avait été réussi. François Bayrou avait lancé le mot d’ordre « Achetez Français » qui avait eu un écho dans l’opinion. Mais par la suite, ce thème a été récupéré par plusieurs candidats et l’homme du centre a du mal à se faire entendre. Bien entendu, il présente un programme très complet, qui a été développé lors de la grande réunion du 25 mars au Zénith.

F. Bayrou se présente comme « le candidat qui dit la vérité », contre Nicolas Sarkozy dont le nom serait associé à l’injustice et contre François Hollande qui présenterait un « programme abracadabrant ». Pour lutter contre le déclin du pays, le candidat centriste a rappelé que, s’il était élu, il organiserait dès juin un « référendum de moralisation » qui porterait notamment sur l’interdiction pendant dix ans de toute fonction élective pour les personnes condamnées pour corruption. Puis il souhaite que le nouveau gouvernement adopte « avant le 14 Juillet » une loi de finances rectificative pour réduire le déficit budgétaire. Très vite, une politique de soutien à l’emploi par réduction des charges sera misé en place et le Parlement préparera une loi-cadre destinée à organiser le « Produire en France ». Plus largement, le candidat centriste souhaite développer « l’économie sociale et solidaire », lutter activement contre la fraude fiscale et développer un vaste projet éducatif.

Dans le domaine des moeurs, François Bayrou se déclare partisan d’une « union civile » pour les couples homosexuels. Celle-ci donnerait lieu aux mêmes droits fiscaux et patrimoniaux que le mariage. Mais pour lui, « il s’agit d’une union, pas d’un mariage. Un mariage, c’est l’union d’un homme et d’une femme ».

Tel est le projet d’un candidat qui rencontre une difficulté et deux obstacles. La difficulté concerne la mise en oeuvre du projet. L’élection de François Bayrou le 6 mai ferait de lui un arbitre selon la lettre de la Constitution mais, à la différence de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, il ne peut espérer qu’une majorité homogène se constitue autour de lui. Il devrait composer avec une majorité de droite, ou s’opposer à une majorité de gauche sans avoir la possibilité de rien faire prévaloir sur son Premier ministre.

Les obstacles sont d’ordre tactique. En 2007, François Bayrou était devenu sans trop de difficultés le « troisième homme » de la campagne, en écartant Jean-Marie Le Pen qui faisait l’objet d’un vaste vote de rejet sur le thème : pas de nouveau 21 avril (2002). Cette année, il y a trois « troisièmes hommes » possibles. François Bayrou, Marine Le Pen et celui qu’on n’attendait pas : Jean-Luc Mélenchon, qui semble avoir réussi sa percée. Bien entendu, nous sommes là dans les supputations. Le candidat centriste, comme tant d’autres candidats dans -les campagnes présente et passées, est victime des sondages qui donnent l’avantage à Marine Le Pen sur François Bayrou, ou à Jean-Luc Mélenchon ; sur Marine Le Pen sans que l’on sache à quoi s’en tenir : certains experts reconnaissent que les sondages ne sont pas une photographie de l’opinion mais un pronostic de sondeurs...

Cette incertitude permet à François Bayrou d’espérer qu’une partie de l’opinion se retournera en sa faveur dans les dernières semaines de la campagne et qu’il créera la surprise en parvenant au deuxième tour. Mais il est difficile pour un homme soutenu par une petite formation de se battre sur tous les fronts : contre Jean-Luc Mélenchon sur sa gauche et contre Marine Le Pen sur sa droite, contre Nicolas Sarkozy qui est un candidat redoutable et fortement épaulé, contre François Hollande qui continue de bénéficier d’un vote de rejet.

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