L’éditorial Par Yves de Kerdrel

Au secours, la culture de l’excuse revient.

Mardi 17 septembre 2013 // La France

Les socialistes s’apprêtent à mettre en oeuvre, avec la réforme pénale, un insupportable laxisme judiciaire qui va faire exploser la violence et l’insécurité. Il y a tout juste une semaine, jeudi 22 août, vers 18 heures, deux garçons entrent avec un fusil à pompe dans un tabac du centre de Marignane.

Ils braquent le buraliste et repartent avec la caisse et quelques cartouches de cigarettes. Une scène de violence ordinaire dans notre pays, marqué depuis quelques mois par une escalade de la délinquance, des agressions et des cambriolages. Sauf qu’au moment où les deux gamins remontent sur leur scooter avec leur maigre butin, un retraité d’Air France âgé de 61 ans, Jacques Blondel, rentrant de la plage avec sa petite-fille de 15 mois et son épouse, les surprend. Il percute leur deux-roues pour les faire tomber avant de tenter de les désarmer. Mais l’un des deux tire par deux fois dans sa direction avec le fusil à pompe, le touchant à la cuisse et à l’abdomen. Transporté à l’hôpital Nord de Marseille dans un état grave, il meurt dans la soirée.

Deux jours plus tard, l’un de ces deux criminels est interpellé. Il a eu 18 ans le jour même de ce braquage sanglant. Et en dépit de son jeune âge, il est connu des services de police pour avoir commis une douzaine de délits, et a été condamné à trois reprises par le tribunal pour enfants. Il a été condamné, mais il était bel et bien libre. Libre avec la possibilité de braquer pour une poignée de cigarettes. Libre avec, en main, un permis de tuer. Un permis de mettre fin aux jours d’un Français ordinaire et courageux, sous les yeux de sa femme-et de sa petite-fille.

Le jour même de l’arrestation du meurtrier d’un citoyen honnête et courageux, la garde des Sceaux avait choisi de régler ses comptes avec le ministre de l’Intérieur en annonçant, dans le cadre de l’université d’été du Parti socialiste, l’une des mesures phare de sa si controversée réforme pénale : la création d’une peine de probation. De quoi s’agit-il ? D’abord de mettre fin aux fameuses peines planchers instaurées sous le quinquennat précédent. Ensuite de créer une "peine" applicable en milieu ouvert, donc chez soi, pour les délits punis de cinq ans de prison ou moins. Une peine que les juges pourront prononcer s’ils le souhaitent. Le but de cette mesure ? « La construction avec le détenu (sic) d’un projet pour lui permettre de devenir à sa sortie un citoyen libre et responsable. » Car pour notre ministre de la justice, la prison est davantage un problème que les criminels.

Voilà donc les socialistes revenus à leur effrayante idéologie en matière de justice, basée sur la culture de l’excuse. Si un délit n’est pas trop grave, le délinquant devra maintenant faire ses preuves "en milieu ouvert" plutôt que de connaître la privation de liberté.

Au moment où tous les autres pays occidentaux font le chemin inverse en matière de lutte contre les personnes violentes et la criminalité, la locataire de la Place Vendôme s’apprête à créer toute une génération de jeunes délinquants que l’on installera chez eux, devant une télévision, tellement étonnés de ne pas aller en prison qu’ils reprendront aussitôt leurs armes de gros calibre pour aller braquer, violenter, dépouiller, agresser. Au nom de la culture de l’excuse, chère à gauche caviar et aux derniers disciples de Mai 68, c’est une France de l’insécurité nationale que Mme Taubira s’apprête à mettre en oeuvre.

Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse ; affirme un proverbe arabe. Le pouvoir socialiste qui tergiverse au lieu de réformer, qui ergote au lieu d’agir, qui défait au lieu de construire, s’apprête à mettre en oeuvre, avec cette réforme pénale, une société de la violence, de la légitime défense, voire même de la révolte civile. C’est parce qu’il voit, dans les chiffres, l’incroyable explosion de la délinquance, que Manuel Valls a cherché, en vain, à mettre en garde le président de la République contre le projet de loi Taubira. Mais comme d’habitude, le chef de l’État n’a pas voulu trancher, laissant la garde des Sceaux dérouler son idéologie du laxisme judiciaire.

« Quand on cherche des excuses, disait Giono, on a déjà péché. » Christiane Taubira ne cherche même plus des excuses. Elle en trouve pour tout et pour tous. Souvenez-vous de cette affaire du "mur des cons" placardé dans les locaux du Syndicat de la magistrature. Sommée de sanctionner les responsables de cet outrage stupéfiant, la garde des Sceaux a estimé la semaine passée qu’il était impossible « de déterminer des responsabilités personnelles et individuelles ». Tout est dit. Vous voilà prévenus. Avec les socialistes, il n’y a plus ni responsables ni coupables. Il n’y aura désormais que des victimes innocentes. Comme Jacques Blondel, mort la semaine passée sous les balles de deux gamins, récidivistes mais libres et excusés.

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