CONGRÈS DU PARTI SOCIALISTE FRANÇAIS.

Attaque en règle du president François Bozizel.

Par Martin Zigélé.

Jeudi 13 décembre 2012, par Jean Paul Tedga // La France

Membre de l’internationale socialiste, le MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain) a participé au Congrès du (PS) parti socialiste français, à Toulouse, du 26 au 28 octobre 2012. C’est de tradition que pour ce genre de rencontres au sommet, le PS invite des partis frères d’Afrique et d’ailleurs. Président du MLPC et candidat malheureux aux élections présidentielles de 2005 et 2011 où il fut, à chaque fois, battu par François Bozizé, Martin Ziguélé n’a pas raté la tribune que lui offrait ses camarades du PS, pour dire tout le mal qu’il pense du président François Bozizé et de son régime. Voici quelques morceaux choisis de son discours : « Mon parti, le MLPC, a accédé au pouvoir en septembre 1993 à l’issue d’élections pluralistes et transparentes, par la victoire de notre candidat, Ange Félix Patassé, au second tour face à Abel Goumba, les candidats éliminés au premier tour étant les anciens présidents, André Kolingba et David Dacko, ainsi que, Ruth Rolland et François Bozizé.

Ce fut la première fois dans l’histoire de notre pays qu’un parti politique issu de l’opposition démocratique, accédait au pouvoir par les urnes, et de manière incontestée. Très rapidement, le régime issu du MLPC fera face à plusieurs mutineries politico-militaires, entre 1996 et 1997. Après une brève accalmie jusqu’en 2001, le pays fera à nouveau face à une rébellion armée dirigée par le général François Bozizé, ci-devant, ancien candidat malheureux aux élections de 1993 remportées par le MLPC, mais que, le président Ange Félix Patassé, vainqueur de ces élections, a rappelé en activité et promu inspecteur général des armées puis, chef d’état major des Forces armées centrafricaines (FACA). Cette longue et destructrice rébellion dirigée par le général François Bozizé dont les conséquences de tous ordres plombent encore notre pays, aujourd’hui, conduira, finalement, à son coup d’état militaire du 15 mars 2003 et son accession au pouvoir. Où en est la République centrafricaine aujourd’hui ? »

« Après son coup d’état du 15 mars 2003, le général François Bozizé recevra le soutien multiforme et la bienveillance politique de la communauté internationale pour une période de transition qui s’achèvera par les élections multipartites de mars 2005, au cours desquelles le candidat du MLPC affrontera au second tour le général François Bozizé, avant de perdre. Peu après ces élections, le régime de François Bozilé commencera à son tour à faire face à des rébellions armées dont les activités de l’une d’entre elles ont même dû donner lieu à l’intervention de l’armée française en novembre 2006. La dégradation de la situation sécuritaire du pays, ajoutée à des crispations politiques autoritaristes et à une mauvaise gouvernance économique caractérisée, ont amené l’opposition à demander et obtenir un Dialogue politique inclusif en décembre 2008. Le pouvoir foulera aux pieds les résolutions de ces assises, ce qui « Toute manipulation visant à modifier les termes de notre constitution, en vue d’un troisième mandat à la tête du pays et de l’instauration d’une dynastie familiale, sera considérée comme un crime contre le peuple centrafricain », menace Martin Ziguélé nous conduira à une préparation chaotique des élections pluralistes de 2011.

Ces élections furent un modèle du genre en matière de fraude électorale, relevée unanimement par tous les observateurs internationaux y compris par les experts de l’Union européenne, principal bailleur de fonds de ces élections dont elle a conclu qu’elles ne reflètent nullement les suffrages des Centrafricains. Notre parti, le MLPC, aux côtés de partis frères de l’opposition démocratique centrafricaine, a refusé de cautionner cette mascarade électorale et a boycotté le second tour. Aujourd’hui, réunis au sein d’une plateforme politique dénommée le Front pour l’annulation et la reprise des élections du 23 janvier 2011 (FARE-2011), nous, partis politiques de l’opposition démocratique centrafricaine, ne reconnaissons pas la légitimité des institutions issues de ce hold-up électoral, à savoir, le président de la République et l’Assemblée nationale monocolore où l’opposition est totalement absente.

Nous exigeons l’annulation et la reprise de ces élections » (fin de citation).

Pour finir, Martin Ziguélé a demandé le soutien du PS dans la lutte que mène FARE2011 pour réinstaurer la démocratie en RCA car pour lui, « Les dictatures prospèrent à cause du silence des démocrates ». Et d’inviter le « PS à tenir bon sur les questions de droit de l’homme, de la démocratie et de la bonne gouvernance, en Afrique comme ailleurs, car les populations africaines vibrent à l’unisson avec ce discours porteur d’espérance .

Tenez-bon, ne reculez surtout pas devant les nombreux chantages de toutes natures et de toutes origines (car) l’Afrique profonde, qui se meurt sous la faim, la maladie, les privations de liberté et la mauvaise gouvernance, vous en sera reconnaissante », a-t-il recommandé.

Conclusion de Martin Ziguélé : « Après la mascarade électorale du 23 janvier 2011 qui est une violation de la souveraineté populaire, toute manipulation visant à modifier les termes de notre constitution, en vue d’un troisième mandat à la tête du pays et de l’instauration d’une dynastie familiale, sera considérée comme un crime contre le peuple centrafricain. Je termine en lançant un vibrant appel aux forces de progrès, et à la communauté internationale de ne pas continuer à ignorer le peuple centrafricain qui souffre, mais plutôt, d’intensifier son oeuvre salvatrice au profit de ce peuple » (fin de citation).

Voilà le message que le président du MLPC a délivré au Congrès du parti socialiste, à Toulouse. Des accusations d’une très grande gravité. Au régime de Bangui d’apporter un autre son de cloche car « Qui ne dit mot consent ».

Afrique Education Pr Monsieur Jean-Paul Tedga.

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