Aqmi confirme la mort d’Abou Zeïd.

Dimanche 28 juillet 2013 // L’Afrique

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A-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a confirmé, pour la première fois, qu’un de ses chefs, l’Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, a été tué lors de combats dans le Nord du Mali, sans préciser de date, dans un communiqué diffusé dimanche 16 juin par l’agence privée mauritanienne en ligne, ANI.

Abou Zeïd et un autre chef d’unité combattante, le Mauritanien Mohamed Lemine Ould El-Hassein dit Abdellah AcChinguitty, sont « morts sur le champ de bataille et défendant la Oumma (communauté musulmane) et la charia islamique (loi islamique) » dans le Nord du Mali, selon le communiqué à l’ANI, qui a toujours publié des textes d’AQMI sans jamais être démentie.

Aucune date n’a été précisée par l’organisation islamiste dans ce communiqué intitulé « Condoléances et félicitations ». Selon le Tchad et la France, dont des militaires ont pourchassé des djihadistes dans le Nord du Mali depuis janvier, Abou Zeïd a été tué fin février dans l’Adrar des Ifoghas (extrême Nord-Est malien).

« C’est la première fois qu’AQMI évoque officiellement dans un communiqué la mort d’Abou Zeïd », note le directeur de l’ANI, Mohamed Mahmoud Ould Abou AI-Maali, par ailleurs spécialiste d’AQMI. Abou Zeïd était considéré comme l’un des chefs les plus radicaux d’AQMI. Selon la présidence française, il a été tué fin février lors de combats menés dans l’Adrar des Ifoghas, massif montagneux de l’extrême Nord-Est du Mali où les soldats français bénéficient de l’appui des troupes tchadiennes pour l’opération militaire Serval en cours depuis janvier.

La mort de l’Algérien avait été annoncée dès le 1er mars par le président tchadien, Idriss Déby Itno. Des interrogations demeurent toutefois sur les circonstances de son décès, attribué à des militaires français par Paris alors que le président Déby Itno a assuré à plusieurs reprises qu’Abou Zeïd avait été « abattu » par des soldats tchadiens.

D’après l’ANI, Mohamed Lemine Ould EI-Hassen animait des conférences et sermons dans les camps d’AQMI, et était considéré comme « l’idéologue religieux » de l’organisation djihadiste. Il en avait été porte-parole avant d’être nommé en novembre 2012 à la tête de la katiba (unité combattante) AI-Fourghan en remplacement de l’Algérien Yahya Abou El Hamame. Ce dernier avait été désigné en octobre 2012 comme successeur d’un autre Algérien, Nabil Makhloufi dit Nabil Abou Alqama pour coiffer toutes les unités combattantes d’AQMI au Sahel et au Sahara.

Selon le communiqué, Abou Zeïd et Mohamed Lemine Ould El-Hassen ont été tués au cours « des derniers engagements avec les forces ennemies au Nord du Mali ». De même source, « d’autres combattants djihadistes ont été également tués » au cours des mêmes affrontements, et l’attaque ayant été fatale à Abou Zeïd a « également occasionné à l’ennemi des pertes importantes ».

Aucun détail supplémentaire de date et de nombre n’a été fourni. AQMI met en garde la France contre la poursuite de « ses réjouissances pour la mort » de responsables djihadistes et la menace de « conséquences sans tarder ».

L’opération militaire franco-africaine est en cours depuis janvier contre les groupes djihadistes dont AQMI ayant occupé pendant plusieurs mois en 2002 le Nord du Mali. Cette opération a permis de chasser les djihadistes des grandes villes, mais des poches de résistance demeurent dans certaines zones.

 

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