Politique Magazine.

Après La Ve république !

Dimanche 30 novembre 2014 // La France


www.innovation-democratique.org

Est-ce une malédiction ? En France, toutes les républiques finissent dans des effondrements. Ainsi de la première. Totalement corrompue, elle dut un désastre social et une répression sanglante ; elle aussi s’acheva en Empire. Mais ces deux Empires, eux-mêmes, finirent dans des catastrophes ! Quant à la troisième, elle se termina dans la plus grande défaite de s’en remettre à un Consulat et à un Empire. Ainsi de la deuxième, qui finit dans toute l’histoire de France dont les hommes politiques de l’époque portent l’entière responsabilité bien qu’ils l’aient esquivée en s’en remettant à un vieux maréchal. La quatrième, pourrie par ses éternels combinée politiciennes.

Les politiciens de l’époque manifester au nom de la République ; N’est-il pas de temps de faire des propositions pour un nouveau régime ? C’est l’ambition de ce dossier dont l’ensemble des articles offrent des réflexions
sur les fondements essentiels de la société française, de la famille à l’éducation et de l’économie aux institutions publiques.

Aujourd’hui, ce qui devrait être un trône et qui aurait dû l’être, n’est plus qu’une place à prendre offerte à la vulgarité des enchères, objet de toutes les convoitises, cause des luttes fratricides les plus inexpiables, but de toutes les stratégies politiciennes, incessant aiguillon d’ambitions démesurées autant qu’inassouvies, car personne, à la vérité, n’est à la hauteur d’une telle fonction qui ne saurait être remise, comme elle l’est, au hasard d’une loterie électorale, d’un jeu de roulette indéfiniment relancé où le calcul qui a échoué, se reporte aussitôt sur le prochain tour. Ainsi la politique française se vit dans une ambiance frelatée de casino et les mises sont d’un rapport si considérable qu’elles justifient toutes les prévarications. Le contraire est impossible ; les habitués le savent.

En raison du quinquennat qui a faussé jusqu’à l’esprit de l’institution en lui retirant la durée, en raison pareillement de la criminelle mécanique partisane qui empêche à tous les niveaux - et d’abord au sommet - jusqu’à l’appréhension même du bien commun, la plus haute magistrature est vidée de toute substance sérieuse et solide. C’est un vide, conçu comme tel par tous, qui, à peine rempli, n’est imaginé incessamment que comme un prochain vide à remplir. Cette clef de voûte qui est censée tenir toute notre architecture institutionnelle, n’est en réalité qu’une béance qui fragilise l’ensemble de la construction : le risque est désormais de la voir s’effondrer sous les chocs répétés qui s’annoncent, économiques, financiers, sociaux et politiques. L’art des titulaires de la fonction suprême en est réduit, depuis deux ou trois mandats, à faire croire qu’ils existent : d’où beaucoup de discours, beaucoup d’agitation, beaucoup d’effets d’annonce et de communication et, par moments, soudain, des décisions aussi rapides qu’irréfléchies et qui aboutissent à des catastrophes. La confiance est définitivement perdue ; elle ne reviendra plus.

LA FRANCE N’EST PLUS REPRÉSENTÉE

Les conséquences d’un tel avilissement de la magistrature suprême se font sentir non seulement dans l’exercice national et international de la fonction, mais également sur l’ensemble des pouvoirs publics. La représentation nationale ne représente plus ; du fait de la tournure de l’élection présidentielle, elle devient de plus en plus l’expression, non de la nation, mais du régime des partis dans sa malfaisance essentielle. La loi n’est plus qu’idéologique, aussi prolixe qu’inintelligente et barbare, et les représentants sérieux se demandent à quoi ils servent. Évidemment à rien. Ce qui rend le système absurde.

La représentation est faussée à tous les niveaux, local et social. La décentralisation elle même s’est totalement fondue dans le régime des partis qui accapare l’État tout entier. Tout se pèse en terme de pouvoirs...mais en faveur des partis, jusqu’à la moindre commune, jusqu’au moindre article du budget.

L’administration et l’organisation de la puissance publique, depuis les ministères jusqu’aux échelons prétendument décentralisés, sont affectées en conséquence de ce dévoiement de l’État d’un double phénomène de déliquescence qui s’explique parfaitement : d’une part, un zèle idéologique exigé par la pression partisane permanente, d’autre part et parallèlement, une inertie dans la décision souveraine, elle-même marquée par l’incohérence et la stupidité d’un système d’irresponsabilité.

Est-ce à dire que plus rien ne marche dans notre pays ? Non. Les Français sont gens de qualité, mais ils connaissent intuitivement les limites de leurs possibilités dans un tel régime, y compris chez les fonctionnaires qui s’efforcent de remplir leur tâche au mieux. Que faire quand tout est dépendant d’un système général devenu, lui, totalement défectueux ? Chacun pressent qu’il entraînera, un jour ou l’autre, dans sa perte ceux qui se flattent d’en détenir le pouvoir et qui seront mis tôt ou tard devant la réalité de leur incapacité. Comme leurs prédécesseurs dans des situations pareilles, ils ne penseront plus alors qu’à esquiver leur responsabilité. Les Républiques, en France, se sont toutes terminées par des désastres ; la Ve n’y échappera pas.

LA CONDITION DU SALUT

En cas d’événement de ce genre, il serait souhaitable qu’une nouvelle génération, intéressée à la chose politique, appréhende la condition essentielle du salut national français : créer, recréer, au sommet de l’État une institution indépendante par nature des partis et des luttes électorales - c’est ainsi qu’à travers les siècles la France s’est tirée elle-même des pires crises où elle risquait son existence ; et donner à cette institution toute la majesté et toute la puissance - ce qui est la contraire de la tyrannie - que requiert son exercice légitime. Créer, recréer, les libertés essentielles qui ont été confisquées, territoriales, provinciales, professionnelles, éducatives, patrimoniales ; et bâtir enfin une représentation véritable des territoires et des intérêts français, ce qui n’a jamais été fait depuis 1789, le régime des partis s’étant en France constamment substitué à un vrai régime représentatif à la française, toujours désiré des Français et jamais advenu.

Enfin, donner à l’administration générale l’efficacité qui suppose l’impartialité, la compétence, la cohérence, la durée, la souplesse et la légèreté, bref le contraire du modèle actuel. La France sera alors gouvernée, représentée et correctement administrée. En très peu de temps, tout le monde aura du travail et de la joie sans qu’il y ait besoin d’administration pour en compliquer les règles et la France retrouvera sa place et son rang dans le monde. C’est évidemment la grâce qu’il faut nous souhaiter !

Répondre à cet article