Politique Magazine

Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école.

Vendredi 12 octobre 2012 // La France

Fonder un établissement scolaire, c’est possible. Une Fondation accompagne juridiquement et pratiquement les créateurs d’écoles indépendantes.

Pouvez-vous, en quelques mots, nous présenter la Fondation pour l’école ?

La Fondation pour l’école a été instituée en 2008 par décret du Premier ministre pour soutenir la liberté scolaire en France. Par ses aides juridiques et financières, par les formations professionnelles qu’elle organise pour les créateurs et directeurs d’école, par sa faculté libre de formation des maîtres (www.ilfm-formation.com) dans laquelle nombre de professeurs des écoles indépendantes françaises se forment aujourd’hui, par son programme qualité, par ses actions d’information, elle s’efforce de promouvoir la multiplication d’écoles indépendantes de qualité (des écoles libres de choisir leur programme et de recruter leurs professeurs). Parce que les enfants sont différents dans leurs aspirations et leurs talents, il importe vraiment que l’offre scolaire proposée soit aussi diversifiée que possible afin que les familles aient un maximum de chances de trouver l’école qui leur convient. Les écoles indépendantes mettent à profit la liberté dont elles jouissent en vertu de la loi pour offrir de vraies alternatives éducatives, dans une recherche constante de la qualité.

Quels sont les principales motivations des créateurs d’école qui font appel à vous ?

Les créateurs d’école sont des parents qui cherchent mieux pour leur enfant que ce que le système leur propose clé en main, mais aussi des professeurs qui veulent bénéficier de plus de liberté que ce que le cadre administratif de l’école publique ou privée sous contrat leur concède. Ces écoles sont par exemple libres d’adopter un programme plus progressif et systématique que celui de l’Education nationale, d’enseigner l’histoire de manière chronologique, de dispenser un enseignement structuré et explicite en français, d’utiliser des outils pédagogiques propres comme les laboratoires de langue ou de recourir à des spécificités pédagogiques telles un enseignement bilingue ou renforcé en musique ou théâtre ou encore de mettre en oeuvre des pédagogies utilisées avec succès à l’étranger comme la démarche mathématique de Singapour...

A l’heure où tout le monde s’accorde à reconnaître la situation catastrophique de l’Education nationale, ces Initiatives sont-elles une des clés de l’avenir de l’école ? Il y a aujourd’hui 50 000 élèves scolarisés dans les écoles indépendantes. Ces écoles jouent le rôle de soupape de sécurité de l’éducation nationale. Enfants atypiques (surdoués, dyslexiques, hypersensibles...), parents trop exigeants... sont aiguillés vers les écoles dites hors contrat qui par leur variété et leur écoute offrent un cadre éducatif performant pour ces enfants. De facto, ces écoles remplissent une mission d’intérêt général en proposant une offre complémentaire par rapport à celle de l’éducation nationale.

Ces écoles contribuent aussi à l’amélioration à venir du système éducatif. En effet, la liberté des écoles indépendantes permet des innovations, des audaces et donc des résultats cognitifs et éducatifs que les écoles classiques ne connaissent pas. Les écoles indépendantes parviennent à la fois à perpétuer des traditions éducatives éprouvées souvent injustement abandonnées dans le système dominant et aussi à accueillir et tester au profit de tous des innovations pédagogiques. Conservatoires et laboratoires à la fois, elles sont vraiment au service de la communauté nationale. Elles ouvrent des voies qui inspireront les réformes de demain.

www.fondationpourlecole.org
PROPOS RECUEILLIS PAR J.B.A.

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