Alors, on fait quoi ?

Jeudi 27 mars 2014 // La France


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Le dernier éditorial se terminait par une adjuration - Ne laissons pas faire ceux qui ont trahi qui a provoqué la question lapidaire d’une lectrice : « Alors, on fait quoi ? ». Mais qui, on ? Notre journal est lu par des militants de la Nouvelle Action royaliste et par des amis qui ne partagent pas notre conviction royaliste. L’ensemble forme un groupe de taille modeste mais cohérent. Nos amis ont compris que la NAR envisage la monarchie royale comme l’une des modalités de la République, autrement dit comme une institution qui permet, autant que possible, la réalisation du Bien commun.

C’est là un projet à très long terme, qui conserve son actualité. Les plus réservés de nos lecteurs savent que la symbolique monarchique et royale compte pour beaucoup dans la constitution de notre identité historique et constatent qu’elle inspire à la NAR une conception rigoureuse du Politique, qui s’affirme comme exercice pratique de la légitimité et de la souveraineté. Souveraineté nationale et souveraineté populaire, selon les principes communs. Légitimité que le pouvoir acquiert par inscription délibérée dans l’histoire nationale, par le consentement populaire, par le service rendu à la justice et à la liberté. Notre souci de la défense nationale, de l’équilibre du continent européen et du rôle de la France dans le monde procède de cette conception du Politique qui est l’oeuvre, toujours enrichie, de chercheurs appartenant à diverses traditions. Cela signifie que la Nouvelle Action royaliste est tout le contraire d’une secte : elle ne cultive pas une mystique, elle n’a pas forgé une idéologie, elle reconnaît toutes ses dettes intellectuelles et c’est pourquoi elle peut agir en toute clarté avec ses amis dans ce parti des politiques qu’on peut tout aussi bien appeler parti patriote ou parti républicain.

Nous savons avec qui agir. Mais alors que fait-on ? Nous participons au réveil de la mémoire nationale, à la lutte contre l’ultra-libéralisme, l’atlantisme et l’européisme, à l’élaboration du programme de la renaissance... Nous sommes, depuis longtemps, dans ce travail de la pensée qui nous permet de définir les objectifs communs : puisque nous subissons l’oligarchie qui vise ses intérêts particuliers, il faut rétablir le gouvernement selon l’intérêt général la République. La trahison des élites ouvre une crise politique décisive : les dirigeants de droite et de gauche ont perdu toute légitimité ; il faut par conséquent renvoyer dans leurs foyers ceux qui violent quotidiennement la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Constitution de 1958.

Cet objectif révolutionnaire implique une stratégie qui se déploie depuis plusieurs années. Le point faible de l’oligarchie est ce qu’elle défend avec obstination : l’euro. Nous avons à convaincre nos concitoyens que cet euro est la monnaie de l’abdication politique et l’instrument d’une impitoyable guerre de classe. C’est à partir de l’effondrement de la zone euro que nous pourrons nous rassembler dans une formation structurée et lancer une offensive générale afin de porter au pouvoir le parti patriote.

Pour le moment, chacun peut agir dans son parti, dans son association, dans son syndicat pour expliquer que la sortie de l’euro est la première condition du redressement économique et social. (1) Cette tâche militante est favorisée par le travail considérable qui a été accompli par les économistes hétérodoxes ; elle est amplifiée par les réseaux sociaux, qui permettent d’ignorer les grands médias frappés par une crise de crédibilité sans précédent. Il faut se consacrer à la lutte contre l’euro sans se laisser distraire par les opérations de diversion menées par la presse et par le gouvernement. Il faut s’y consacrer sans se laisser intimider par la propagande oligarchique qui vise à présenter les adversaires de l’euro comme des extrémistes complices du Front national ou ralliés à cette formation : pour nous, pour nos amis, la xénophobie est une diversion qui porte en elle la guerre civile alors qu’il est urgent de rassembler les citoyens de toutes origines, quelles que soient leur religion et leur tradition politique sur un programme de crise qui conduira à la définition d’un programme de gouvernement.

La destruction de la zone euro, ce n’est qu’un début. Mais il faut commencer par le commencement.

Bertrand RENOUVIN
(1) Cf, l’éditorial du numéro 1041 « Comment dissoudre l’euro ? » et la page 2 de ce numéro.

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