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Afrique du Sud, un mauvais modèle pour le continent.

Lundi 15 avril 2013 // L’Afrique

Accueillant pendant quelques jours le Sommet 2013 des pays émergents du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), l’Afrique du Sud ne représente pas un modèle de développement durable sur le continent africain. Ce pays, contrairement, à l’exemple brésilien, n’a en effet pas réalisé de progrès social convaincant dans des domaines importants, tels que l’éducation, la santé, l’inclusion sociale et le chômage, alors que d’autres pays africains rattrapent leur retard et deviennent de plus en plus attractifs pour les pays du BRICS. Telle est la conclusion d’une étude comparative internationale portant sur les pays du BRICS et menée par la fondation allemande Bertelsmann.

L’Afrique du Sud a été en mesure de rétablir la stabilité économique et de générer une croissance économique significative après la fin de l’apartheid. Toutefois, la croissance dont elle a fait preuve ces dernières années n’a pas suffi pour éliminer efficacement les déséquilibres sociaux de sa population. Selon les auteurs de l’étude, la principale raison des niveaux extrêmes d’inégalité sociale et de chômage structurel, en particulier, chez les jeunes, est un système d’éducation socialement sélectif et qualitativement insuffisant. Bien que les dépenses d’éducation, à hauteur de 20%, représentent la plus grande part du budget de l’Afrique du Sud, ce pays n’a pas encore été en mesure de combler l’écart avec les autres pays du BRICS.

Avec une croissance économique estimée à 3% pour l’année 2013, le pays rapproche de son niveau d’avant la crise. Toutefois, cette estimation est toujours basse sur des secteurs professionnels à faible main-d’oeuvre tels que le secteur financier, et n’ouvre pas d’opportunités suffisantes pour la majorité de la population. Plus de 50% des Sud-Africains âgés de 15 à 24 ans étaient au chômage en 2010. Les experts nationaux attribuent à l’Afrique du Sud les plus performances dans les secteurs du marché du travail et de la politique éducative, comparativement, au Brésil, à la Russie, à l’Inde et à la Chine. L’étude fait notamment référence à l’indicateur particulièrement frappant que constitue la faible espérance de vie moyenne en Afrique du Sud.

Contrairement à d’autres pays du BRICS et à de nombreux autres pays africains, cette espérance de vie a chuté ces dernières années et n’a connu qu’une légère amélioration ces derniers temps. S’élevant à 53,4 années, elle reste inférieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Ces experts affirment que l’un des graves problèmes de développement du pays est l’incapacité majeure de son système politique à mettre efficacement en oeuvre ses politiques. Les plus grandes faiblesses résident dans la coordination entre les ministères et les autorités nationales à divers niveaux administratifs. Les ressources financières n’ont pas été utilisées de manière suffisamment efficace au niveau régional. Pendant ce temps, les économies d’autres pays africains, tels que le Botswana, la Namibie et le Nigeria, rattrapent leur retard. La Chine et l’Inde ne sont pas les seuls pays à entretenir depuis longtemps des liens bilatéraux avec la plupart des pays africains. Le Brésil est également de plus en plus intéressé par l’Angola lusophone, qu’il considère comme une passerelle vers l’Afrique. ’.

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