Politique Magazine

ANALYSE : Un gouvernement sans avenir.

PAR HILAIRE DE CRÉMIERS

Mardi 25 septembre 2012, par Hilaire de Crémiers // La France

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Drapeau de FranceLes socialistes ne savent pas ce que c’est que l’État. Ils le conçoivent comme un outil au service de leur appareil partisan et de leur idéologie totalitaire.

La présidence et le gouvernement de François Hollande n’ont aucun avenir. Ce qui était prévisible se réalise à grand train. Les hommes et les femmes des appareils socialiste et écologiste qui ont pris le pouvoir à l’occasion des dernières élections, sont, trois mois après, déjà discrédités ; et ce discrédit qui pèsera de plus en plus lourd, rendra plus impossible encore une politique qui, en raison de son irréalisme fondamental, ne peut pas réussir.

Ces échecs dans les quelques mois qui viennent, auront leur propre effet cumulatif ; ils accentueront l’impopularité d’une classe politique qui se révèlera de plus en plus inapte aux affaires de l’État et de plus en plus incapable de tenir le moindre engagement social dans la grande déconfiture qui s’annonce ; et cette impopularité accrue s’achèvera en faillite du régime, pas seulement financière et économique, mais aussi sociale et politique, et finalement institutionnelle.

UNE CRISE D’ABORD POLITIQUE

Ce dernier point n’est pas encore perçu. Les gens n’y pensent pas ; la classe politique encore moins. Il faut se souvenir qu’il y a encore deux ans, il était convenu d’affirmer que « la crise » était derrière nous et qu’il suffirait d’avancer pour en sortir. Nicolas Sarkozy qui s’est trouvé jeté dès 2008 dans la tourmente, refusait pourtant de parler de rigueur ; il n’envisageait que des réformes et encore a minima. Aujourd’hui, le mot « crise » est sur toutes les bouches et mêmes les socialistes qui pensaient revenir aux années 80, ont été obligés, arrivés au pouvoir, de réaliser qu’ils étaient contraints d’en tenir compte.

Cette « crise » aura des conséquences sociales considérables et immaîtrisables. Ce qui est vécu à cette heure n’est rien par rapport à ce qui se profile à l’horizon. Étant donné la structure non seulement centralisée mais profondément étatiste de la France, le séisme économique et social aura de violentes répercussions sur la structure politique. Cette structure dans sa forme actuelle apparaîtra pour ce qu’elle est, une superstructure inutile, vaine, coûteuse, obsolète. La vieille analyse marxiste, si fausse par ailleurs, se révèlera vraie en France marxisée et socialisée, comme elle s’est révélée vraie en Union soviétique lors de son effondrement. La superstructure politique et politicienne, celle des appareils, de cette masse d’appareils, à tous les niveaux, qui occupent la place de l’État ou la revendique quand ils sont dans l’opposition, sera totalement dépassée par les événements. Il faut, d’ailleurs, se rappeler que ce ne sera pas une « première » dans notre histoire.

Nous vivons la fin d’un système politique, lui-même dégénéré, qui n’est plus adapté à la situation nationale et internationale : ce cas est arrivé une dizaine de fois dans notre histoire contemporaine ; il ne manquait pas de bons esprits alors pour pressentir ce moment décisif de la crise institutionnelle. S’en trouvera-t-il aujourd’hui dans les milieux politiques et économiques pour avoir la lucidité et la volonté de comprendre ce qui se passe en réalité. Car, malgré des similitudes avec d’autres pays dues à la crise mondiale généralisée, la crise revêt en France et revêtira bientôt de plus en plus un caractère singulier, en raison de son histoire propre et de sa nature politique spécifique dont les experts font toujours fiers.

Les Français en ont le vague pressentiment et, bien sûr, l’appréhension. On a beau leur cacher leur histoire, ils s’en souviennent encore, du moins dans les familles qui en connaissent les leçons. Le pessimisme français dont on se plaint n’a pas d’autre raison.

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