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ALGÉRIE : Quand la déstabilisation du Qatar.

Vendredi 31 mai 2013 // L’Afrique

Visiblement, les Qataris ne veulent pas se limiter au colonel Kadhafi dont ils ont déstabilisé le régime, lui ôtant même la vie, au moment où il cherchait à échapper aux bombes que les soldats de l’Otan déversaient sur son long convoi de plusieurs dizaines de véhicules, en partance pour un pays limitrophe. Le Qatar ne s’était pas contenté de faire de la manipulation à partir de sa chaîne à péage, AI-Jazeera, qui déferlait des nouvelles mûres et pas mûres sur le régime du colonel, afin de rallier à la cause des déstabilisateurs du régime de Tripoli, ceux des Africains qui rechignaient à considérer que Kadhafi était le mal suprême.

Outre le financement classique en vue du ravitaillement des rebelles en armes et munitions, Doha avait dépêché en Libye, pas moins de 5.000 soldats pour appuyer, au sol, les efforts des miliciens anti-Kadhafi ainsi que les bombardements de l’Otan.
Après le succès obtenu sur le régime quarantenaire du colonel Kadhafi, les efforts des « révolutionnaires » du printemps arabe se déportèrent, comme par hasard, sur l’Algérie qui connut, à son tour, plusieurs difficiles journées de manifestations, heureusement, étouffées par les généraux du système. La main du Qatar était une fois de plus derrière ces troubles.

Comme si cet échec l’embêtait, le Qatar a, une nouvelle fois, lancé sa chaîne, AI-Jazeera, pour démentir des informations de l’hôpital du Val de Grâce, à Paris, en annonçant, le 28 avril 2013, la mort d’Abdelaziz Bouteflika, à l’âge de 76 ans. Objectif : susciter un nouveau printemps à Alger, celui de 2011 ayant tourné à l’avantage du régime. Après avoir déjoué une nouvelle fois les pronostics sur son état de santé, Abdelaziz Bouteflika, cette fois, appréciera d’autant plus que ce « coup » provient d’un « pays frère arabe » qui ne lui cherche pas du bien depuis deux ans.

Tous les services de renseignement savent que, par sa télévision AI-Jazeera et par sa diplomatie secrète, le Qatar joue un rôle prépondérant dans l’appui financier, médiatique et logistique des différents mouvements islamistes en Afrique du Nord, en Afrique de l’Ouest, en Asie et en Extrême-Orient. Hamad Ben Khalifa AI-Thani et son premier ministre, Hamad Bin Jassim AI-Thani, ont déjà réussi à placer Ennanda au pouvoir en Tunisie, les Frères musulmans en Egypte, et les islamistes offshore libyens à Tripoli. Il ne reste plus que le Maroc, et surtout, l’Algérie à faire tomber pour constituer un axe stratégique Rabat-Alger-Tunis-Tripoli-Le Caire et Damas dont le régime résiste encore à la guerre que lui livrent le Qatar et l’Arabie Saoudite.

C’est donc principalement l’Algérie qui est pour le moment visée. Possible candidat à sa propre succession, pour un 4e mandat de 5 ans, Abdelaziz Bouteflika, qui n’a pas encore indiqué ses réelles intentions (mais laisse par ses amis politiques dire qu’il va se représenter), a été de nouveau hospitalisé, à Paris, suite à un accident ischémique transitoire (AIT). Dans un discours prononcé le 8 mai 2012, le chef de l’Etat avait, pourtant, laissé entendre qu’il passerait le flambeau. « Ma génération est finie », avait-il dit : « Chacun doit savoir se respecter. 50 ans après, le rôle des moudjahidine est terminé. Ceux qui ont libéré le pays vous disent : aujourd’hui, nous n’en pouvons plus ». Pour preuves, d’autres hauts dignitaires algériens sont actuellement soignés à l’étranger : le ministre d’Etat chargé des Affaires africaines, Abdelkader Messahel (64 ans), est hospitalisé à Bruxelles où il a eu une rupture d’anévrisme, tandis que le chef du tout puissant syndicat officiel UGTA, Sidi Saïd (64 ans aussi), serait, également, hospitalisé, en Suisse, victime d’un accident cardiaque.

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